8:00 AM
8:15 AM
Activité physique lève-tôt avec Jonathan Chevrier
9:00 AM
Mots et conférences d’ouverture | Sehl Mellouli, Nicolas Gagnon, Éric Martel, Benoit Dupont et Nadia Naffi
10:45 AM
Transition vers les ateliers
11:00 AM
Au-delà du deepfake : jusqu’où peut-on désormais fabriquer le réel? | Avec Ninon Bajard
Nous avons appris à nous méfier des fausses images, des voix clonées et des vidéos générées par intelligence artificielle. Mais pendant que nous apprenions à reconnaître ces premiers deepfakes, les technologies ont continué d’avancer. Dans cet atelier, Ninon proposera de dépasser le « deepfake 101 » pour explorer concrètement les nouvelles capacités de fabrication du faux. Les participantes et participants expérimenteront plusieurs générations d’outils et de techniques, des formes désormais familières de contenu synthétique jusqu’aux possibilités beaucoup plus avancées de création, d’imitation, de personnalisation et de mise en cohérence. L’objectif sera de prendre la mesure du déplacement qui est en train de s’opérer : nous ne faisons plus seulement face à des contenus faux de plus en plus réalistes, mais à la possibilité de fabriquer des environnements de crédibilité entiers. À partir de là, une question devient centrale : comment continuer à vérifier, décider et agir lorsque les différents éléments qui nous servaient autrefois à confirmer qu’une situation était réelle peuvent désormais être fabriqués ensemble?
Penser comme un attaquant : comprendre l’exploitation du facteur humain | Avec Andréanne Bergeron
La sécurité ne repose pas uniquement sur la connaissance des risques, mais sur la capacité à reconnaître et à interrompre les mécanismes qui permettent leur exploitation. Cet atelier propose d’adopter le point de vue de l’attaquant afin d’analyser comment les comportements humains deviennent des vecteurs d’intrusion, de compromission et de fraude. À partir de cas concrets de d'infections menant au vol de données par des cleptogiciels, les participant(e)s seront amenés à examiner les stratégies par lesquelles les attaquants identifient, exploitent et contournent les vulnérabilités humaines. L’atelier mettra en lumière l’écart entre la connaissance des bonnes pratiques et leur mise en application dans des situations réelles, afin de développer des capacités de discernement, des réflexes décisionnels et des mécanismes de résistance plus efficaces face aux attaques.
Alimentez la machine sous pression : que deviennent nos erreurs de jugement? | Avec Ann-Louise Davidson, Kate Arthur et Sonia Proust-Androwkha
Dans cet atelier de 90 minutes, les personnes participantes prennent part au jeu « Alimentez la machine ». En tant que stagiaires au sein d’une entreprise médiatique, leur mission consiste à produire rapidement des articles en accumulant des ressources. Le jeu explore deux tensions : utiliser ou ne pas utiliser l’IA générative et faire des choix éthiques ou risqués. Au fil de la partie, chaque décision contribue à faire évoluer la situation. Les articles s’accumulent, les effets pervers se propagent et les choix individuels finissent par avoir des conséquences collectives. Le débreffage part de cette expérience pour examiner comment la pression temporelle, les raccourcis, la confiance excessive accordée à l’IA et l’absence de regard critique peuvent créer des vulnérabilités individuelles et collectives. La discussion élargit ensuite la réflexion aux situations réelles où des informations erronées ou manipulées peuvent paraître crédibles. Sur quoi fonder sa confiance ? Que vérifier, dans les informations fournies à l’IA comme dans ses productions ? Quand ralentir, signaler un doute sur le faux crédible ou revenir sur une décision ? Ces questions permettent d’explorer les pratiques individuelles et collectives susceptibles de limiter la propagation des erreurs et leurs conséquences. L’expérience est également mise en perspective avec le cadre de littératie en IA de l’OCDE et ses quatre domaines de compétences : interagir avec l’IA, créer avec elle, la gérer et contribuer à la façonner. L’atelier invite ainsi à réfléchir à une question centrale : pourquoi la cyberrésilience dépend-elle aussi de notre capacité à ralentir au bon moment, vérifier, signaler, corriger et apprendre collectivement ?
La confiance sous attaque : IA générative et résilience des organisations de santé | Avec Hazar Haidar et Amal Marzouki
L'essor de l’IA générative transforme l'écosystème informationnel de la santé. Si ces technologies offrent de nouvelles possibilités d'innovation, elles facilitent également la création et la diffusion de contenus synthétiques de plus en plus crédibles, qu'il s'agisse de textes, d'images, de vidéos, de voix clonées ou de communications institutionnelles falsifiées. Dans ce contexte, la cybersécurité ne consiste plus seulement à protéger les systèmes informatiques, mais aussi à préserver l'intégrité de l'information et la confiance du public sur lesquelles repose le système de santé. Dans cet atelier interactif, les personnes participantes seront invitées à réfléchir collectivement aux enjeux liés à l'utilisation de l’IA dans différents contextes du domaine de la santé. À partir de scénarios inspirés de réalités professionnelles, elles seront amenées à analyser des défis concrets, à examiner les perspectives de divers acteurs concernés (gestionnaires, professionnels de la santé, patients, etc.) et à explorer les conditions favorisant une intégration responsable de l’IA. Les discussions porteront, entre autres, sur les nouvelles formes de pollution informationnelle associées à l'IA, telles que la diffusion de fausses informations, ou encore la manipulation de communications liées à la santé. L'atelier privilégiera les échanges en petits groupes, le partage d'expériences et la réflexion collaborative. Il permettra de mettre en lumière la diversité des points de vue et la complexité des décisions entourant l'adoption de l’IA dans le secteur de la santé. Les personnes participantes seront invitées à réfléchir à la résilience des organisations de santé dans un environnement où l'authenticité de l'information ne peut plus être tenue pour acquise. Dans cette perspective, elles discuteront de stratégies permettant d'anticiper, de détecter et de gérer les risques liés à l'IA et à la pollution informationnelle afin de préserver la confiance des patients, des professionnels et de la population envers les institutions de santé. L'atelier se conclura par une mise en commun des réflexions ainsi que par l'identification de pistes d'action susceptibles de soutenir les acteurs du système de santé dans leurs démarches futures.
Hacker l’humain : avant l’attaque, il y a la cible | Avec Youna Bentabed
Une attaque ciblée commence bien avant le premier message. Une fonction, une habitude, une relation professionnelle, une publication, une information laissée en ligne. Pris séparément, ces éléments semblent ordinaires. Entre les mains d’un attaquant, ils peuvent devenir les pièces d’un scénario conçu pour obtenir une réaction précise. Dans cet atelier, Youna Bentabed ouvrira les coulisses de la sécurité offensive et de l’ingénierie sociale pour explorer comment une cible est repérée, comprise, approchée et progressivement amenée à agir. Cyberintelligence, renseignement en sources ouvertes, manipulation du contexte, exploitation de la confiance et compréhension des comportements deviennent autant de leviers dans la construction d’une attaque. À l’ère de l’IA, ces stratégies gagnent en vitesse, en précision et en capacité de personnalisation. Comment un attaquant transforme-t-il ce qu’il sait de vous en leviers pour vous faire agir?
Vous pensiez contrôler votre cerveau ? | Avec Mélissa Canseliet
Vos attaquants ne piratent pas vos systèmes en priorité, mais ils exploitent le mode d'emploi de votre cerveau si cajolé dans le confort. Et votre cerveau confortable, ils le connaissent mieux que vous. On croit être au courant mais il faut savoir ce qu'eux savent et qui leur donne toujours une longueur d'avance qui n'est pas tant technologique que neuroscientifique. Cet atelier dévoile ces mécaniques comme on dévoile un tour de magie, puis pose la méthode pour entraîner et mesurer une vigilance cognitive.
Quand le faux devient industriel : médias synthétiques, imaginaires et résilience informationnelle | Avec Gerald Holubowicz
Les médias synthétiques changent d’échelle. Images, vidéos, voix, textes et avatars peuvent désormais être produits rapidement, en grand nombre et à faible coût. Ils sont au coeur de stratégies politiques, culturelles et économiques dont l'objectif est de moins en moins aligné avec la poursuite du bien commun et davantage avec la défense d'intérêts particuliers, soient-ils ceux légaux ou illégaux. Cette capacité à industrialiser le faux bouleverse l'écosystème informationnel par lequel nous prenons connaissance de la marche du monde. Elle transforme la façon dont nous appréhendons le fonctionnement de nos sociétés pour exercer nos devoirs démocratiques, penser notre futur et en décider les contours. Dans cet atelier, Gérald Holubowicz invitera les participantes et participants à explorer ce que cette industrialisation change concrètement : multiplication des sources apparentes, saturation de l’espace informationnel, accélération des cycles de diffusion, standardisation de certaines représentations et capacité croissante des plateformes à donner davantage de visibilité à certains récits qu’à d’autres. À partir de cas et de productions récentes, l’atelier examinera comment ces dynamiques influencent ce qui retient notre attention, ce qui nous paraît plausible, ce qui s’impose progressivement dans l’espace public et, ultimement, ce que nous devenons capables d’imaginer. La cyberrésilience se joue alors aussi sur ce terrain : comment préserver une capacité collective à s’orienter, à hiérarchiser l’information et à maintenir une pluralité d’imaginaires lorsque la production de contenus devient massive, rapide et largement automatisée?
12:30 PM
Dîner
2:00 PM
Sous la montre : Sécurité, données et IA dans nos objets connectés | Avec Jonathan Chevrier
Vous chaussez vos souliers de course, vous allumez votre objet connecté et déjà il enregistre votre trajet, votre fréquence cardiaque, votre niveau de stress et votre rythme respiratoire. Votre sortie de course à pied alimente une mine de données que l'intelligence artificielle sait désormais interpréter, croiser et parfois exposer. Des individus localisés à leur domicile par leur application aux traqueurs déjà présents dans des cours d'éducation physique du primaire et du secondaire, cet atelier explore, à travers des cas réels et une étude de cas interactive en sous-groupes, ce que l'activité physique connectée révèle vraiment de nous, jeunes comme adultes. Vous repartirez avec une grille de vigilance concrète pour continuer à bouger, courir et enseigner en toute confiance. Un atelier vivant et ancré dans des données probantes pour quiconque porte, ou fait porter, un objet connecté.
La fabrique du faux | Avec Renée Bourassa, Dominique Michaud et Kevin Laporte
Une image générée emprunte tous les codes de la captation, donc du témoignage, donc de la preuve, alors qu'elle n'a aucun référent. Cet atelier prend par son versant le plus concret l'un des axes portés par ÉDISÉM et Arcanes, celui de l'authenticité et des rapports entre vrai et faux. Après une typologie de six procédés de fabrication du faux, chaque groupe en tire un et doit produire une image délibérément fictive ou absurde qui le rend visible. La contrainte est inversée par rapport à l'usage courant : il ne s'agit pas de réussir une image, mais d'en exposer la mécanique de crédibilité. Les groupes présentent ensuite sans révéler leur procédé, la salle devant le nommer et repérer les indices de détection. Les personnes participantes repartent avec un vocabulaire opératoire pour nommer et critiquer les procédés du faux et un réflexe de lecture critique des images. Le passage par la production est ce qui distingue cet atelier d'une conférence sur la désinformation : on comprend une technique bien plus vite quand on a dû la mettre en œuvre soi‑même.
Quand croire coûte cher : finance, santé et décisions sous influence | Avec Edgard-Casimir Lalo-Sayo et Shadi Shakeraneh
Dans le secteur financier comme en santé, une information trompeuse peut déclencher bien plus qu’une erreur : elle peut entraîner une transaction, modifier une décision, retarder une vérification, influencer un comportement ou fragiliser la confiance envers une personne, une organisation ou une institution. Dans cet atelier, Edgard-Casimir Lalo-Sayo et Shadi Shakeraneh croiseront deux contextes où les conséquences d’un mauvais jugement peuvent être particulièrement lourdes : la fraude par deepfake dans le secteur financier et la mésinformation et la désinformation en santé, notamment dans le contexte du cancer. À partir de situations concrètes, les participantes et participants seront invités à observer ce qui peut les pousser à croire, hésiter, transmettre, confirmer ou agir : une autorité reconnue, une urgence, une émotion forte, une expertise apparente, un message familier, une information répétée ou la confiance déjà accordée à une personne ou à une organisation. Puis le regard se déplacera vers leurs propres milieux. Qu’est-ce qui, chez nous, pourrait rendre une information suffisamment crédible pour provoquer une mauvaise décision? Quels réflexes, quelles habitudes et quelles relations de confiance pourraient être exploités? À mesure que l’IA rend les contenus plus crédibles, plus personnalisés et plus faciles à produire, une responsabilité nouvelle s’impose : apprendre à reconnaître non seulement ce que nous voyons et entendons, mais aussi ce qui est en train d’influencer notre jugement avant que nous agissions.
Ce que l'EdTech peut apprendre de son banquier! | Avec Nada Tamim
Les banques n’ont jamais réussi à identifier tous les fraudeurs. Leur véritable succès à garder notre confiance repose plutôt sur la création de systèmes capables de demeurer fiables lorsque des personnes commettent des erreurs. À l’ère des deepfakes, de l’ingénierie sociale assistée par l’IA et de la multiplication des contenus synthétiques, cet atelier devient d'intérêt particulier pour les organisations du secteur de la formation. La session propose de transposer quatre grands principes éprouvés du monde bancaire, aux réalités des entreprises EdTech, des établissements d’enseignement et des professionnels de formation. Les participants repartiront avec un cadre concret pour renforcer leur cyberrésilience et réduire leur dépendance à la vigilance individuelle.
Vers une obsolescence épistémique ? Agentivité et esprit critique à l’ère de l’IA | Avec Arturs Logins
Cet atelier explore l'impact de la délégation cognitive vers l'intelligence artificielle à travers le prisme de l'obsolescence épistémique. Lorsque nous remettons nos délibérations, nos synthèses et nos réflexions aux algorithmes, le risque n'est pas que la pensée humaine perde sa valeur intrinsèque, mais qu'elle s'atrophie par désusage — entraînant une « dette cognitive » et un effritement de notre agentivité. Face à des systèmes d’IA puissants, mais opaques et flatteurs, comment garder notre autonomie et notre esprit critique ? Cet atelier propose d’approfondir la notion d'obsolescence épistémique liée à un usage important de l’IA et d'échanger autour de réflexes pratiques (vérification systématique, prise de conscience des biais, changement de perspective) pour faire de l'IA un outil de confrontation intellectuelle plutôt qu'un substitut à l'esprit critique.
Qui tire les ficelles? Anatomie d’une opération d’influence numérique | Avec Djedjiga Mouheb
Une opération d’influence ne se résume pas à un faux contenu qui devient viral. Elle repose sur une mise en scène beaucoup plus large : comptes coordonnés, comportements synchronisés, amplification artificielle, récits qui se renforcent, contenus manipulés ou générés par l’IA, et signaux suffisamment plausibles pour donner l’impression qu’un mouvement est spontané, qu’une opinion est majoritaire ou qu’un événement est en train de s’imposer. Dans cet atelier, les participantes et participants seront plongés dans une situation d’influence qui se dévoilera progressivement. À partir d’indices partiels, ils devront examiner les comptes, les comportements, les temporalités, les interactions et les réseaux de diffusion pour tenter de comprendre ce qui se joue réellement. À quel moment une mobilisation cesse-t-elle d’être organique? Quels indices révèlent une coordination? Comment l’IA permet-elle aujourd’hui d’industrialiser la production de contenus, la création de profils et l’amplification de récits? Et surtout, comment raisonner lorsque les preuves sont incomplètes, que les signaux sont ambigus et que la manipulation fonctionne précisément parce qu’elle ressemble à quelque chose de normal? L’objectif est de déplacer le regard : ne plus seulement demander « est-ce que ce contenu est faux? », mais « qui cherche à influencer qui, par quels mécanismes, et avec quels effets? ».
Deepfakes, clonage vocal et fraudes par IA : ce que le droit protège vraiment (et ce qu'il ne protège pas) | Avec Vincent Bergeron
Les hypertrucages (deepfakes), le clonage vocal, l'usurpation d'identité numérique et les fraudes amplifiées par l'intelligence artificielle soulèvent des questions juridiques pressantes, mais les réponses sont souvent moins rassurantes qu'on le pense. Dans cet atelier, le conférencier fera le point sur l'état réel du droit au Canada et au Québec face à ces menaces. À partir de cas concrets, il démystifiera les protections qui existent déjà, comme le droit à l'image, le droit d'auteur, la vie privée, recours civils et pénaux. Il identifiera également les zones grises où individus et organisations se croient protégés sans nécessairement l'être.
2:50 PM
Pause café
3:10 PM
Moment réflexif proactif avec l’OBVIA | Avec Lyse Langlois, Gaëlle Falcon, Colette Brin, Richard Khoury.
Après une première journée consacrée à explorer les transformations provoquées par les fraudes amplifiées par l’IA, les médias synthétiques, les manipulations informationnelles et les nouvelles vulnérabilités numériques, ce moment avec l’Obvia invitera à replacer ces enjeux dans une perspective plus large. À partir de leurs expertises complémentaires en éthique, intelligence artificielle, gouvernance, médias et impacts sociétaux du numérique, Lyse Langlois, Richard Khoury, Gaëlle Falcon et Colette Brin croiseront leurs regards sur les transformations qui touchent déjà nos institutions, nos pratiques professionnelles et notre vie collective. La discussion portera sur les tensions qui émergent lorsque les capacités technologiques progressent plus rapidement que nos repères, nos pratiques et nos mécanismes de gouvernance. Quels impacts souhaitons-nous anticiper? Quelles capacités individuelles et collectives devons-nous renforcer? Quels choix de conception, de gouvernance, de formation et d’action peuvent contribuer à des environnements numériques plus responsables, inclusifs et résilients? Fidèle à l’approche de l’Obvia, ce moment cherchera à relier analyse critique et capacité d’agir : mettre les enjeux en discussion, confronter les perspectives et faire émerger des pistes qui placent les personnes, les collectivités et le bien commun au cœur des réponses à construire.