August 18th, 2026, 9:00 AM - 10:30 AM EDT
Colloque

C(H)3a - Entre blocage, subsistance et care : luttes féministes pour le(s) territoire(s)

Responsables : Laurie Gagnon-Bouchard (UOttawa), Katherine Robitaille (ULaval), Leila Celis (UQAM) et Marie-Josée Massicotte (UOttawa)

Résumé : Les femmes sont en première ligne des résistances face aux projets extractivistes, capitalistes et coloniaux. Qu’il s’agisse des Mères au front, des femmes atikamekw, kanien’kehá:ka et wet’suwet’en qui font blocage aux projets destructeurs du vivant, ou encore des agricultrices garantes de la subsistance, ces luttes prennent racine dans des territoires habités, vécus et pensés comme des espaces relationnels indissociables des êtres qui les composent. Ces espaces concrets sont à la fois ceux où s’exercent la dépossession et la destruction, et ceux pour lesquels s’organisent les résistances, la régénération et le care.

Face à des systèmes d’oppression sexistes, coloniaux, capitalistes et extractivistes, les luttes féministes ancrées dans le(s) territoire(s) ouvrent des voies d’émancipation fondées sur le care, la subsistance, la collectivité et la réciprocité. Les pratiques d’opposition et de réparation réhabilitent d’autres manières de se relier aux territoires et au monde, et ce, malgré les contraintes imposées par ces mêmes systèmes d’oppression.

En croisant les perspectives de la subsistance, des écoféminismes, des femmes et féminismes autochtones, des féminismes décoloniaux et critiques du développement, ce colloque permettra d’interroger les manières dont les blocages, les communs et l’autodétermination deviennent des praxis de soin capables d’interrompre les dynamiques oppressives et destructrices pour permettre le foisonnement du vivant. Les organisatrices invitent à explorer les enjeux, tensions et limites qui traversent les luttes territoriales ainsi que les résistances et solidarités dans la construction des communs. Elles invitent à penser collectivement aux gestes, alliances et récits qui défendent la possibilité même de la suite du monde.

Séance 1 (de 7) : Les luttes féministes pour la subsistance et le(s) territoire(s) I

Animation : Laurie Gagnon-Bouchard (uOttawa) et Leila Celis (UQAM)

Résumé de la séance : Ce panel explore les pratiques féministes de subsistance comme des manières d’habiter les territoires et de résister aux logiques capitalistes et patriarcales. Si le patriarcat et le capitalisme détruisent les savoirs, défont les territoires et aliènent les conditions matérielles de la vie, le féminisme de la subsistance se dégage de leur emprise à partir de pratiques de résistance qui s’attaquent d’abord à la matérialité du monde. En s’appuyant sur les perspectives de Maria Mies, Veronika Bennholdt-Thomsen et Geneviève Pruvost, ce panel propose de mettre en lumière les pratiques ordinaires - autoproduction, transmission de savoirs manuels, entraide, fabrication de la maisonnée - comme des façons de recomposer le rapport au monde et le monde lui-même à partir des gestes les plus quotidiens. Il souhaite ainsi explorer le passage de la critique anticapitaliste et antipatriarcale « à l’acte » (Pruvost, 2021), en s’attardant aux initiatives qui incarnent d’autres modèles de société et de possibles par l’entre-subsistance. Dans cette perspective, il s’agira de visibiliser les manières dont la subsistance est politique et la puissance qu’elle permet de révéler dans la possibilité de déjouer la division genrée du travail ainsi que l’invisibilisation des savoirs vernaculaires qui permettaient autrefois de faire les choses « à sa mesure » (Pruvost, 2021). En partant des perspectives de Pruvost, Mies et Bennholdt-Thomsen, le panel interrogera enfin le potentiel transformateur de ces pratiques pour penser la décroissance féministe, créer des brèches dans le monde capitaliste et imaginer des formes de démocratie enracinées dans les communs, les maisonnées et l’attention au vivant.