C(P)11a - La justice épistémique en santé et sécurité du travail (SST) pour (ré)imaginer les savoirs féministes
Responsables : Valérie Lederer (UQO), Jessica Riel (ESG-UQAM), Mélanie Lefrançois (ESG-UQAM), Johanne Saint-Charles (Équipe SAGE ; UQAM) et Rachel Cox (UQAM)
Résumé : Ce colloque propose d’explorer la justice épistémique en santé et sécurité du travail (SST) à partir de la perspective féministe et critique développée par l’équipe de recherche interdisciplinaire sur le travail Santé-Genre-Égalité (SAGE). S’inscrivant dans l’axe 3 du CIRFF 2026 qui invite à interroger les mécanismes de production, de diffusion et de légitimation des savoirs féministes, notre proposition examine comment les recherches en SST peuvent contribuer à l’émergence de savoirs pluriels, situés et transformatifs. En effet, la justice épistémique désigne les conditions qui permettent à chacun·e d’être reconnu·e comme sujet légitime de savoir et vise à corriger les injustices qui rendent certaines voix marginalisées inaudibles ou disqualifiées. Dans un contexte où les savoirs dominants en SST reposent encore largement sur les expériences des groupes majoritaires (hommes, corps supposés “neutres”, trajectoires professionnelles continues, libres de toutes contraintes), il est impératif de rendre visibles les savoirs situés des personnes qui vivent la précarité, les violences, la marginalisation ou les inégalités systémiques en milieu de travail. La perspective développée par l’équipe SAGE, fondée sur des approches participatives, interventionnelles et critiques, illustre comment ces savoirs issus du travail réel, des parcours de santé, du care ou des trajectoires migratoires contribuent à renouveler l’analyse des risques et les pratiques de prévention.
Ce colloque vise à mettre en dialogue des recherches féministes en SST qui s’emploient à rendre visibles les angles morts, et à (ré)imaginer les environnements de travail et de recherche comme des espaces de solidarité et de justice. Il permettra de questionner les frontières entre savoirs institutionnalisés et savoirs marginalisés, d’interroger les dispositifs qui structurent la reconnaissance des savoirs en SST, et de proposer des approches concrètes pour renforcer l’équité, la réparation et la dignité dans la production de connaissances.
SÉANCE 1 (de 4) : Savoirs situés et transformation des cadres d’analyse en SST
Animation : Valérie Lederer (UQO)