Inscriptions
Les inscriptions se déroulent de 8 h à 17 h 30.
Les inscriptions se déroulent de 8 h à 17 h 30.
Responsables : Line Chamberland (INRS,UQAM), Juliette Munoz (UQAM), Ambre Marionneau (INRS) Résumé : Dans un contexte où la reconnaissance des Études lesbiennes demeure limitée dans les institutions francophones, le Réseau d’Études et d’Expression Lesbienne (RÉEL) rassemble des chercheur.euses francophones de plusieurs continents dans un objectif de visibilisation et de légitimation de leur travail. Ainsi, dans l’esprit de la 9ème édition du CIRFF, il propose un colloque interdisciplinaire et transgénérationnel dédié aux savoirs et aux recherches lesbiennes, au croisement des trois axes du congrès, avec un rattachement privilégié à l’axe « Savoirs ». Les contributions confirmées à ce jour sont regroupées en 7 panels : Jour 1 : la circulation des savoirs lesbiens, les spatialités lesbiennes, les enjeux éthiques et méthodologiques de la recherche et l’actualité éditoriale lesbienne francophone; Jour 2 : les archives lesbiennes, leurs usages et les enjeux de conservation et de circulation des mémoires. S’y ajoute l’exposition des Archives lesbiennes du Québec intitulée « Pour que nos mémoires vivent ! ». Sur une durée de 4 demi-journées, il réunira plus d’une vingtaine de participantes (17 en présentiel, 6 en ligne ou en présentiel à confirmer), d’origines culturelles diverses, issues de milieux académiques, militants, communautaires ou culturels. L’objectif de ces journées est d’interroger la construction des savoirs relatifs aux vies lesbiennes, leurs cultures, leurs formes de résistance et leurs mémoires, des savoirs souvent marginalisés dans les milieux académiques francophones. Elles s’adressent à tous les publics portant un intérêt aux études et savoirs lesbiens et visent à faire connaître le réseau émergent du RÉEL, un réseau en pleine construction. Séance 1 (de 7) : La circulation des savoirs lesbiens dans la francophonie. Animation : Juliette Munoz (UQAM) et Ambre Marionneau (INRS)
Responsables : Laurie Gagnon-Bouchard (UOttawa), Katherine Robitaille (ULaval), Leila Celis (UQAM) et Marie-Josée Massicotte (UOttawa) Résumé : Les femmes sont en première ligne des résistances face aux projets extractivistes, capitalistes et coloniaux. Qu’il s’agisse des Mères au front, des femmes atikamekw, kanien’kehá:ka et wet’suwet’en qui font blocage aux projets destructeurs du vivant, ou encore des agricultrices garantes de la subsistance, ces luttes prennent racine dans des territoires habités, vécus et pensés comme des espaces relationnels indissociables des êtres qui les composent. Ces espaces concrets sont à la fois ceux où s’exercent la dépossession et la destruction, et ceux pour lesquels s’organisent les résistances, la régénération et le care. Face à des systèmes d’oppression sexistes, coloniaux, capitalistes et extractivistes, les luttes féministes ancrées dans le(s) territoire(s) ouvrent des voies d’émancipation fondées sur le care, la subsistance, la collectivité et la réciprocité. Les pratiques d’opposition et de réparation réhabilitent d’autres manières de se relier aux territoires et au monde, et ce, malgré les contraintes imposées par ces mêmes systèmes d’oppression. En croisant les perspectives de la subsistance, des écoféminismes, des femmes et féminismes autochtones, des féminismes décoloniaux et critiques du développement, ce colloque permettra d’interroger les manières dont les blocages, les communs et l’autodétermination deviennent des praxis de soin capables d’interrompre les dynamiques oppressives et destructrices pour permettre le foisonnement du vivant. Les organisatrices invitent à explorer les enjeux, tensions et limites qui traversent les luttes territoriales ainsi que les résistances et solidarités dans la construction des communs. Elles invitent à penser collectivement aux gestes, alliances et récits qui défendent la possibilité même de la suite du monde. Séance 1 (de 7) : Les luttes féministes pour la subsistance et le(s) territoire(s) I Animation : Laurie Gagnon-Bouchard (uOttawa) et Leila Celis (UQAM) Résumé de la séance : Ce panel explore les pratiques féministes de subsistance comme des manières d’habiter les territoires et de résister aux logiques capitalistes et patriarcales. Si le patriarcat et le capitalisme détruisent les savoirs, défont les territoires et aliènent les conditions matérielles de la vie, le féminisme de la subsistance se dégage de leur emprise à partir de pratiques de résistance qui s’attaquent d’abord à la matérialité du monde. En s’appuyant sur les perspectives de Maria Mies, Veronika Bennholdt-Thomsen et Geneviève Pruvost, ce panel propose de mettre en lumière les pratiques ordinaires - autoproduction, transmission de savoirs manuels, entraide, fabrication de la maisonnée - comme des façons de recomposer le rapport au monde et le monde lui-même à partir des gestes les plus quotidiens. Il souhaite ainsi explorer le passage de la critique anticapitaliste et antipatriarcale « à l’acte » (Pruvost, 2021), en s’attardant aux initiatives qui incarnent d’autres modèles de société et de possibles par l’entre-subsistance. Dans cette perspective, il s’agira de visibiliser les manières dont la subsistance est politique et la puissance qu’elle permet de révéler dans la possibilité de déjouer la division genrée du travail ainsi que l’invisibilisation des savoirs vernaculaires qui permettaient autrefois de faire les choses « à sa mesure » (Pruvost, 2021). En partant des perspectives de Pruvost, Mies et Bennholdt-Thomsen, le panel interrogera enfin le potentiel transformateur de ces pratiques pour penser la décroissance féministe, créer des brèches dans le monde capitaliste et imaginer des formes de démocratie enracinées dans les communs, les maisonnées et l’attention au vivant.
Responsables : Stéphanie Proulx (Université de Sherbrooke) et Lucile Mulat (Université de Toronto) Résumé : Intimement lié à l’histoire des normes sexuelles, des rôles de genre et de la filiation, le couple occupe une place centrale dans l’imaginaire social occidental. Or, les récits contemporains, qu'ils littéraires, cinématographiques, télévisuels, médiatiques ou numériques, montrent un paradoxe frappant : alors que le couple apparaît en crise (augmentation du célibat, multiplication des divorces, montée en visibilité des féminicides souvent perpétrés par un conjoint ou un ex-conjoint), il demeure envisagé comme horizon privilégié du bonheur et de l’accomplissement individuel. Des romances de Noël à la téléréalité sentimentale (Love is Blind, L’amour est dans le pré…), les dispositifs narratifs reconduisent les promesses du duo conjugal, tout en rendant visibles les tensions qui le menacent. Ce colloque propose d’interroger la manière dont les récits contemporains réinventent, critiquent ou fragilisent le modèle hétéro-conjugal traditionnel. Il s’agira d’observer comment ils intègrent des perspectives féministes ou queer, en questionnant la possibilité de « faire couple » autrement : que faut-il transformer pour concilier amour, égalité et autonomie ? Quels ajustements le couple requiert-il pour devenir un espace non violent, notamment pour les femmes ? Les récits contemporains ouvrent également la voie à des alternatives - polyamour, célibat choisi, amitiés structurantes - qui décentrent la conjugalité au profit d’autres formes de liens. À travers ces enjeux, le colloque vise à penser le couple non comme évidence, mais comme construction politique, imaginaire et narrative, et à examiner comment les récits actuels participent à sa perpétuation, à sa réinvention ou à sa dissolution. Séance 1 (de 4) : Pratiques de négociation dans le couple
Responsables : Caroline Caron (UQO), Lena A. Hübner (Université d'Ottawa), Camille Nicol (UQAM) Résumé : Cette rencontre scientifique d’une journée réunit des communications du Groupe de travail sur les « Enjeux féministes du numérique », récemment formé au sein du Réseau québécois en études féministes. Elle a pour but de favoriser les échanges au sein du groupe et auprès d’un auditoire international. Les communications vont adopter une approche féministe dans leur analyse d’enjeux sociétaux concernant le numérique, qui comprend les activités en ligne, mais aussi les infrastructures de l’Internet (serveurs, technologies mobiles, ordinateurs et écrans), les logiciels, applications, plateformes et dispositifs d’intelligence artificielle (tout ce qui relève du software), ainsi que les données (data) et le capitalisme de plateforme. Les communications s’appuieront sur des travaux de recherche et pourront examiner, par exemple, les dimensions individuelles et collectives des pratiques numériques et de l’engagement féministe, ou encore les inégalités de genre inscrites dans les transformations du travail et des activités humaines en lien avec le numérique. De même, les impacts sociaux et politiques découlant de la prolifération des systèmes d’intelligence artificielle sur la vie personnelle, professionnelle et collective des femmes pourront être examinés. Comment les inégalités sociales et économiques, les violences sexuelles et sexistes, de même que les mouvements misogynes se (ré)articulent-ils dans les environnements numériques? Comment, aussi, les résistances et les solidarités féministes s’y déploient-elles? Ce colloque a pour ambition de poser quelques jalons permettant de poser un diagnostic quant aux opportunités et aux défis posés aux solidarités féministes locales et internationales, particulièrement dans la francophonie. Séance 1 (de 4) : Rapports de genre et inégalités dans la sphère du travail Animation : Lena A. Hübner, professeure, Département de communication, Université d’Ottawa
Les présentations par affiches offrent l'occasion de découvrir, tout au long de la journée, des résultats de projets de recherches universitaires ou communautaires. Les affiches seront exposées en continu et les personnes présentatrices seront présentes entre X h et X h pour discuter de leur démarche, répondre aux questions et échanger avec les participant·e·s.
Responsables : Émilie Gervais (Université Laval), Florence Pasche Guignard (Université Laval), Marie-Christine Brault (Université Laval), Marie-Josée Saint-Pierre (Université Laval), Laura Lafrance (UQAM), Marie Janot-Caminade (Institut des Sciences Sociales du Politique), Zoé Grumberg (Université d’Angers), Alice Lacoue-Labarthe (Université Grenoble Alpes) Résumé : Ce colloque en collaboration internationale (France/Québec) examine et réimagine les maternités « académiques » (universités, hautes-écoles, cégeps, institutions supérieures de recherche et formation) à partir de perspectives féministes. Il intègre une approche en recherche-création impliquant une participation active dans chacun des volets qui le composent. Le but de ce colloque est de réfléchir à la place de la maternité à l’université non seulement en tant qu’objet d’étude, mais aussi comme une expérience vécue, avec des impacts sur le déroulement des études, le travail de recherche et d’enseignement, les contenus des cours et les postures de chacun·e à l’université. Nous soulignerons la nature réciproque de cette influence : comment un milieu universitaire (ou plus généralement académique) affecte l’expérience des mères en son sein, et comment ces mères, en retour, transforment ce milieu en tant qu’espace d’étude, de travail et de recherche. Nous explorerons comment, dans le cadre exigeant de l’université, se vit, se dit et se pense la maternité : comme désir, projet, possibilité, expérience en cours, ou comme choix ou contrainte de ne pas y entrer. Le colloque débutera avec des conférences amenant des éléments théoriques et épistémologiques (volet 1). Ensuite des espaces structurés et libres (volets 2 et 3) permettront le partage d’expériences sur la maternité en contextes académiques et l’exploration de résistances et d’actions concrètes (volet 4). Une bibliographie de recherche, avec possibilité de rétroaction sera partagée (volet 5) et finalement, l’activité de recherche-création transversale à l’ensemble du colloque (collages papier et génération avec l’IA) sera présentée et commentée avant une conclusion générale (volet 6). Séance 3 (de 6) : Femmes et chercheuses « totales » ? Témoigner pour théoriser les maternités académiques francophones
Responsables : Laurine Omnès (UQAM; Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Bénédicte Gattère (ULiege; Paris 8) et Valentine Bailly (Université Laval; Université Côte d'Azur) Résumé : Ce colloque propose de réunir des étudiant.e.s, des doctorant.e.s et jeunes chercheur.se.s de disciplines diverses, afin de discuter de l’actualité des théories et pratiques écoféministes, et principalement de leur richesse pour (re) penser les enjeux politiques, les luttes, et les méthodologies des travaux de recherche en sciences humaines et sociales. Ce colloque est aussi l’occasion de revenir sur la reconnaissance académique des théoriciennes et théories écoféministes, l’institutionnalisation dont elles font l’objet (Cook, 1998), de manière plus ou moins discrète, les dialogues possibles avec les espaces militants, et la place qui est donnée - ou qui reste à prendre - aujourd’hui pour les personnes qui s’en réclament. Séance 1 (de 4): Se réapproprier l’écoféminisme Animation : Valentine Bailly (Université Côte d’Azur; Université Laval)
Personnes responsables : Eve-Marie Lampron (UQAM) et Fanny Bugnon (Université Rennes 2) Résumé du colloque : Dans la longue - et inachevée - marche vers la mise en récit et la diffusion d’une histoire des femmes et du genre, les approches biographiques ont permis à plusieurs (proto)féministes, du XVIIIe siècle à nos jours, de s’identifier à certaines figures, puis de joindre des luttes collectives à partir de cette prise de conscience (Lerner, 1993 ; Lampron, 2022). Rébecca Rogers rappelait d’ailleurs récemment l’importance des biographies dans l’écriture de l’histoire des féminismes (2025). Mais qu’en est-il pour l’enseignement ? Si les approches individuelles ont suscité plusieurs critiques chez les historiennes des féminismes et sont sources de défis (Alpern et al., 1992), elles offrent pourtant des potentialités d’attraction et de mobilisation des étudiant·es. En effet, l’entrée par la biographie et la prosopographie possèdent des vertus pour l’enseignement car, au-delà de l’incarnation qu’elles offrent comme dispositif pédagogique de formation, elles permettent également de mobiliser les étudiant·es pour ensuite « entrer en recherche » à partir de vies ordinaires ou plus connues. Encore faut-il voir qui mettre en avant en classe, dans quel contexte, avec quelles intentions pédagogiques et matériaux, sachant l’ampleur des angles morts (Pierre et Dumais, 2025). Ce colloque réunit des enseignant·es en histoire des féminismes, principalement en milieu universitaire, afin de se pencher collectivement sur la question des trajectoires individuelles convoquées (ou non) dans l’enseignement de l’histoire des féminismes. Cette proposition s'inscrit dans l'axe 3 « Ré(imaginer) les savoirs féministes » et vise à « penser et agir sur les différences de valorisation, de reconnaissance et de diffusion des savoirs" Séance 1 (de 4) : DE LA RECHERCHE À L’ENSEIGNEMENT : ENJEUX ÉPISTÉMOLOGIQUES EN HISTOIRE DES FÉMINISMES Animation : Fanny Bugnon (Université Rennes 2)
Responsable : Fatoumata Bernadette Sonko (CESTI-UCAD) Résumé : La marginalisation des femmes dans les structures de production et de validation des savoirs se perpétue depuis la «déterritorialisation» occasionnée par l’arrivée des religions du Livre et de la colonisation. Dans les sociétés négro-africaines aux logiques matriarcales (Cheikh Anta Diop,1959), les femmes étaient au centre des instances du pouvoir politique, social, religieux, tant dans l’espace familial que communautaire. Sa déstructuration par le système colonial s’est faite avec la reproduction des logiques de domination prévalant dans les métropoles. L’idéologie patriarcale a servi de pivot à la politique coloniale, mais aussi aux structures religieuses, pour s’arroger les instances de légitimation du savoir et perpétuer un discours dominant. Cette logique se reproduit au-delà de l’espace colonial avec la validation du « contrat social sénégalais » (Donal Cruise O’Brien, 2002). Depuis, se poursuit ce processus reléguant les femmes dans la catégorie des « cadets sociaux » avec la construction d’une sémantique (académique, politique, économique…) et d’une posture subalterne (Spivak, 2009) les confinant dans le silence et l’invisibilité. Notre travail se concentre sur le champ médiatique, un des miroirs de la société, pour montrer comment les sénégalaises sont écartées des institutions du pouvoir et du savoir. Aussi, pensons-nous qu’une combinaison de facteurs complexes, renforcés par la socialisation différenciée, l’exclusion de l’histoire, des instances de validation du savoir, est subtilement tissée pour perpétuer leur représentation minorée dans l’imaginaire collectif. Notre recherche s’appuie sur un croisement des Études postcoloniales et décoloniales pour illustrer comment se construit le narratif de ces mécanismes de domination. Séance 1 (de 4)
La convergence des luttes : les contre-espaces de la COP30 à Belém (Brésil) est une exposition photographique qui explore, à partir du regard d’une jeune militante québécoise, le pouvoir politique des espaces qui se déploient en marge des instances officielles de négociation climatique. À travers une vingtaine de photographies et de courts textes réflexifs, la proposition met en lumière les manifestations, sommets populaires, actions de dénonciation et autres formes de rassemblements militants qui se constituent comme des contre-espaces face à la froideur technocratique de la COP30. Ces lieux, animés par des émotions militantes intenses - colère, indignation, urgence, empathie - deviennent des scènes privilégiées pour analyser la convergence des luttes climatiques, féministes et décoloniales, particulièrement dans une perspective francophone et transnationale. En s’ancrant dans l’axe « Réimaginer les luttes féministes », l’exposition interroge la manière dont la défense des territoires, la dénonciation des violences extractivistes et la contestation des exclusions structurelles des lieux de pouvoir s’entrecroisent avec les luttes contre le patriarcat et le colonialisme. Elle met en évidence le rôle des émotions comme force motrice des mobilisations, mais aussi comme vecteur de production de savoirs situés souvent marginalisés par les institutions. Installée dans les espaces communs du congrès, l’exposition se veut elle-même un contre-espace, accessible en circulation libre, qui prolonge les réflexions militantes hors des salles formelles et invite les personnes participantes à reconnaître la légitimité politique des affects dans les luttes contre l’oppression.
Personnes responsables : Catherine Rousseau, (Université Laval), Carole Boulebsol (Université du Québec en Outaouais), Sylvie Lévesque (Université du Québec à Montréal) Résumé du colloque : Ce colloque international et interdisciplinaire interroge les façons de concevoir, mener et diffuser des recherches sur la santé reproductive à partir de méthodologies féministes innovantes - participatives, créatives ou alternatives. Il s’intéresse aux violences reproductives et à leurs effets sur l’exercice des droits reproductifs, en mettant de l’avant des projets de recherche et de recherche-création qui transforment à la fois les pratiques de collecte de données et les modes de circulation des savoirs féministes. L’espace proposé invite les participant·es à se décentrer des résultats pour mettre l’accent sur leurs stratégies méthodologiques (entrevues sensibles, dispositifs expérimentaux, autoethnographie, photovoix) et leurs choix de diffusion (théâtre documentaire, expositions, bandes dessinées, ateliers participatifs). Une attention particulière sera portée aux postures épistémologiques, aux éthiques relationnelles, aux rapports de pouvoir et aux enjeux de justice épistémique, d’(in)visibilisation et de circulation des savoirs marginalisés. Inscrit dans l’axe 3 de l’appel du CIRFF, ce colloque propose de (ré)imaginer la production, la légitimation et la diffusion des savoirs féministes sur les violences reproductives, en poursuivant trois objectifs : rendre visibles des approches méthodologiques féministes innovantes, explorer des formes de diffusion alternatives et réfléchir aux postures, affects, positionnalités et pratiques de réflexivité. Structuré selon ces trois blocs thématiques, il se déroulera sur une journée et demie, comprendra six séances orales, une session d’affiches et un atelier créatif, et rassemblera 15 à 20 intervenant·es de divers statuts (professeures, chercheuses, étudiant·es, professionnel·les des milieux artistiques, de l’intervention et des médias). Séance 1 (de 4) : Visibiliser des approches méthodologiques féministes innovantes de collecte et d’analyse des données (partie 1 de 2)
Présenté par : CECI - Centre d’Étude et de Coopération Internationale Présidence de séance : Maria De Koninck, professeure émérite à la Faculté de médecine de l’Université Laval et première titulaire de la Chaire d’étude sur la condition des femmes de l’Université Laval (1988-1992). Maria De Koninck a également cofondé et présidé (1991-1992) le Réseau québécois de chercheuses féministes. Résumé : Dans un contexte marqué par la fragilisation des droits sexuels et reproductifs et la persistance de discours qui réinvestissent le contrôle des corps des femmes, les luttes féministes pour l’autonomie corporelle des adolescentes se déploient sur des terrains multiples, souvent marginalisés dans les politiques publiques et les systèmes de soins formels. Ce panel s’inscrit dans l’axe (Ré)imaginer les luttes féministes en proposant une lecture située des stratégies déployées par des actrices féministes pour résister, contourner et transformer les rapports de pouvoir qui entravent l’accès des adolescentes à l’information, aux services, à la prise de décision et la capacité d’agir en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs (SDSR). À partir d’expériences menées au Guatemala, au Mali et au Sénégal, le panel propose un dialogue entre deux formes de savoirs fréquemment opposées : les savoirs endogènes, portés notamment par les sages-femmes traditionnelles et les organisations de femmes, et les innovations numériques développées comme outils d’information, de protection et d’autonomie. Loin d’une approche technosolutionniste ou d’une folklorisation des pratiques traditionnelles, la session montre comment ces savoirs, lorsqu’ils sont reconnus dans leur dimension politique et combinés de manière stratégique avec d’autres interventions, participent à la reconfiguration des luttes féministes contemporaines en matière de VBG et de SDSR. Le panel mettra en lumière la création de tiers-espaces féministes, qu’ils soient de proximité ou virtuels, comme lieux de résistance aux tabous, à la stigmatisation et aux violences structurelles qui traversent la vie quotidienne des adolescentes. Ces espaces, ancrés dans des réalités culturelles et sociales spécifiques, permettent de déstabiliser les hiérarchies de savoirs, de renforcer les solidarités intergénérationnelles et de produire des formes d’autonomie corporelle adaptées aux contextes locaux.
Responsables : Sophie Parent (Université Laval), Megan Blanche (Université Laval), Milaine Alarie (Institut national de la recherche scientifique) Résumé : Depuis quelques décennies, nous assistons à une diversification des modèles conjugaux et familiaux en contexte occidental. Différentes configurations ont émergé, comme les familles recomposées, homo/lesboparentales, pluriparentales et choisies. On constate aussi une augmentation du nombre de couples non-cohabitants et une hausse de l’intérêt pour la non-monogamie consensuelle, ébranlant la représentation culturelle de la famille nucléaire. Cette pluralisation ne peut être expliquée sans reconnaître l’influence des luttes féministes et queers contemporaines, qui ont mené à plusieurs changements significatifs sur les plans juridique, culturel et social (ex: contraception, avortement, mariage entre personnes de même sexe, etc.), ces changements élargissent ainsi le champ des possibles quant aux manières de vivre l’intimité et de faire famille. Ces évolutions soulèvent toutefois certaines questions : Comment ces modèles conjugaux ou familiaux émergeants permettent-ils de résister aux normes genrées et/ou à l’hétéronormativité ? Comment s’y articulent les (re)négociations des rôles de genre ? Jusqu’à quel point ces innovations relationnelles et familiales constituent-elles des pratiques de résistance féministe, et dans quelle mesure reconduisent-elles, possiblement sous de nouvelles formes, certains rapports de pouvoir ou normes existantes ? Ce colloque propose d’explorer ces enjeux à travers des perspectives académiques et communautaires. Les communications porteront sur les façons de repenser le couple et la famille au-delà des normes en abordant notamment: (1) les réalités des familles queers et transparentales, (2) les diverses trajectoires pour « faire famille », (3) la remise en question des normes monogames et biparentales, ainsi que (4) les défis légaux associés à ces configurations émergentes. Séance 1 (de 4): Parentalités queers Mot d’ouverture : Sophie Paradis, actrice et mère au sein d’une famille pluriparentale
Responsables : Dylan Racana (Université Lyon 2) et Isabelle Collet (Université de Genève) Résumé : L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) peut être appréhendée comme un dispositif de socialisation au sein duquel se co-produisent savoirs, normes et rapports de pouvoir. Loin de relever d’une simple transmission d’informations, elle participe à la régulation des corps, des subjectivités et des relations sociales, en articulant prescriptions institutionnelles, attentes morales et expériences situées des publics concernés. Dans un contexte marqué à la fois par la montée des controverses autour du genre, des injonctions contradictoires faites aux institutions éducatives et la persistance des violences sexistes et sexuelles, l’EVARS constitue un observatoire privilégié des tensions contemporaines entre émancipation, contrôle et responsabilisation. Ce symposium propose d’interroger l’EVARS à partir d’une perspective critique, attentive aux dynamiques genrées et aux rapports sociaux qui structurent sa mise en œuvre. Les communications sont regroupées autour de quatre ensembles. • Le premier examine l’EVARS comme espace de production et de négociation des normes sexuelles dans les trajectoires scolaires et universitaires, en analysant les expériences ordinaires du consentement, des corps et des interactions. • Le deuxième déplace l’analyse vers des espaces éducatifs périphériques à l’école, afin d’envisager l’EVARS comme un champ élargi de production discursive, où se rejouent des frontières symboliques entre savoir légitime, culture, moralité et sexualité. • Le troisième ensemble s’intéresse aux acteur·ices professionnel·les et aux cadres institutionnels, en considérant l’EVARS comme une politique publique faiblement stabilisée. • Le dernier regroupement analyse l’EVARS comme un lieu de conflictualité, où s’exercent des formes de contrôle social, de résistance et de responsabilisation sexuée. Séance 1 (de 4) : Former, cadrer et accompagner les professionnel·les au cœur de l’éducation à la sexualité Animation : Dylan Racana (Université Lyon 2) et Isabelle Collet (Université de Genève)
Présidence de séance : Lou St-Pierre
Responsable : Maria Nengeh Mensah (UQAM) Résumé : Ce colloque vise à mettre en commun les résultats d’une recherche inédite sur l’expérience sociale des toilettes publiques à Montréal et à débattre collectivement sur les questions sociopolitiques et les luttes féministes qui s’en dégagent. Il s’agit de réfléchir sur l’accès, l'usage, l’aménagement et la gestion des toilettes à partir d’une compréhension critique des systèmes d’oppression et de privilège qui transforment l’expérience des personnes en une situation d'exclusion sociale, menant à la déshumanisation notamment des femmes, des personnes trans et des personnes en situation d’itinérance. Simultanément, il s’agit d’explorer comment, en pratique, les toilettes publiques peuvent être mises au service de la déconstruction des inégalités et de l’injustice. D’un point de vue interdisciplinaire, académique et militant, les conférences répondront aux questions suivantes : Quels défis et enjeux d’accès aux toilettes interpellent les luttes féministes et queer contemporaines? Quelles propositions théoriques permettent de réimaginer les toilettes publiques en recentrant les savoirs autour des diverses expériences situées et en problématisant le statu quo inégalitaire? Quelles méthodologies de recherche et d’intervention peuvent s’allier pour améliorer les conditions d’accès aux toilettes publiques des femmes, des personnes de diverses identités de genre et de celles issues de groupes historiquement et socialement marginalisés? Et, Quelles sont les stratégies d’inclusion qui confrontent les systèmes en place, rapports de pouvoir et de violences, auxquels font face les femmes, les personnes de la diversité sexuelle et la pluralité de genre, les personnes racisées, en situation de handicap et celles qui évoluent à l’intersection de divers systèmes d’oppression? Séance 1 (de 4) : Défis et enjeux d'accès Animation : Catherine Chesnay, professeure, École de travail social, UQAM
Responsables : Naïma Hamrouni (UQTR) et Chantal Maillé (Université Concordia) Résumé du colloque : En réunissant des contributrices au livre Le sujet du féminisme est-il blanc? Luttes et savoirs actuels. Tome II, parut à l’automne 2025, ainsi que des invitées locales et internationales, ce colloque a pour objectif de rendre compte de l’actualité de travaux au croisement des études féministes, des théories décoloniales et des théories critiques sur la race. Séance 1 (de 4): Théories et Résistances Animation : Leila Benhadjoudja (Institut d’études féministes et de genre, Université d’Ottawa)
Responsables : Maude Dionne (Université Laval), Catherine Rossi (Université Laval) et Geneviève Lessard (Université Laval) Résumé du colloque : Nous vous proposons un colloque d’une journée sur la grande thématique de la violence en conjuguant l’héritage des luttes féministes et les enjeux actuels. Par une programmation riche et interdisciplinaire, ce colloque mettra en valeur les recherches de nos membres, tant de la relève étudiante, que du corps professoral. Ces recherches favorisent le changement social, afin de promouvoir des pratiques favorisant la justice sociale et des rapports plus égalitaires ainsi que l’amélioration des politiques publiques. Les propositions de communication scientifique, réparties dans quatre blocs thématiques, marient les axes thématiques 2 ((Ré)imaginer les luttes féministes) et 3 (Savoirs féministes). Séance 1 (de 4) : La violence envers les femmes marginalisées
Responsables : Laurence Ouellet-Boivin (Université Laval), Isabelle Auclair (Université Laval) et Marie Robichaud-Gravel (Université Laval) Résumé : Le colloque « Regards sur les méthodologies féministes » propose une réflexion collective sur les méthodologies féministes comme pratiques situées, critiques et transformatrices, dans un contexte politique, social et environnemental marqué par des rapports de pouvoir persistants et des régressions démocratiques. Ancré dans les épistémologies féministes, le colloque interroge la production des savoirs dominants, leurs angles morts et les violences épistémiques qu’ils reconduisent, tout en mettant en lumière le potentiel émancipateur des méthodologies féministes. Sur deux journées, les échanges porteront sur les conditions sociales, historiques et politiques des méthodes de recherche, leur capacité à reproduire ou à contester les rapports de domination, ainsi que sur les tensions internes aux féminismes, notamment liées à la colonialité, aux hiérarchies linguistiques et disciplinaires et aux dynamiques de blanchiment des savoirs. En dialogue avec la francophonie, le colloque reconnaît celle-ci à la fois comme espace de solidarité et comme lieu traversé de contradictions et de violences épistémiques. La programmation alterne panels, ateliers participatifs, cercles de discussion et activités créatives autour de thématiques clés : justice épistémique, écriture scientifique féministe, réflexivité sur les pratiques de recherche, méthodologies créatives et sensorielles, approches pluriverselles, décoloniales et intersectionnelles, ainsi que coconstruction et méthodologies participatives. Une attention particulière est portée aux savoirs issus des Suds, aux ancrages communautaires et militants, et aux formes alternatives de production et de partage des connaissances. Pensé selon une modalité hybride, le colloque vise à favoriser l’accessibilité, à interroger les pratiques académiques de déplacement et à investir l’espace virtuel comme lieu de résistance féministe. Séance 1 (de 4): Panel d’ouverture : Au croisement des savoirs et des pratiques : ouvrir le champ méthodologique I
Responsables : Valérie Irtanucci-Douillard (UQAM), Anne Létourneau (UdeM) et Laura Kassar (UdeM), membres du chantier « Religions, Féminismes et Genres » du RéQEF Résumé : Le colloque vise à explorer la dynamique bidirectionnelle dans la production et la circulation des savoirs entre études de genre et études du religieux. Nous souhaitons réfléchir à la manière dont les sciences des religions, la théologie féministe et les études du spirituel - souvent reléguées à la marge du champ féministe - peuvent contribuer à renouveler, complexifier et pluraliser les modèles conceptuels mobilisés dans les théories féministes contemporaines. Cette réflexion suppose d’interroger les conditions de possibilité d’un véritable dialogue interdisciplinaire entre ces domaines, dialogue qui engage à repenser les frontières épistémiques héritées entre raison et foi, entre critique et engagement, entre matérialité et transcendance. Au-delà d’un simple exercice de traduction entre champs, il s’agit de se demander comment les savoirs issus de la pratique croyante, de la théologie critique et des expériences spirituelles situées peuvent déplacer des notions-clés telles que l’autonomie, l'agentivité, la corporéité, la croyance ou la subjectivité, en en révélant les fondements pluriels. Dans cette perspective, le colloque se propose d’identifier et de mettre en discussion les tensions productives ainsi que les reconfigurations conceptuelles que ce dialogue rend possibles. À travers la confrontation de perspectives issues de la théologie féministe, des sciences des religions et des études de genre, le colloque cherchera à articuler les apports de la pensée féministe du religieux aux théories intersectionnelles, afin de montrer comment une prise en compte renouvelée du « fait religieux » peut ouvrir de nouvelles voies pour penser l’agentivité, la subjectivation et la résistance à partir d’ancrages à la fois spirituels, culturels et politiques. Séance 1 (de 8) : Spiritualités, expériences et agentivités épistémiques
Présidence de séance : Édith Ndjah Etolo
Responsables : Célia Romulus (Université d’Ottawa), Danièle Magloire (Kay Fanm /Maison des femmes) et Sabine Lamour (Université d’État d’Haiti/ Université Ottawa) Résumé : Dans la continuité des réflexions initiées entre chercheuses et militantes féministes de la Caraïbe francophone lors de la première Conférence internationale interdisciplinaire de recherche sur le genre (CIRGG) tenue à Port-au-Prince (Haïti) en 2016, puis au CIRFF de 2018 à Paris-Nanterre, ce colloque propose d’explorer les expériences, luttes et stratégies déployées par les femmes, les minorités de genre et les collectifs féministes de la Caraïbe francophone. L’objectif est de rassembler des travaux portant sur les féminités et masculinités, les mobilisations féministes, les stratégies de résistance et les pratiques de souveraineté déployées dans les espaces sociaux, politiques et symboliques caribéens. Ancré dans une démarche critique, militante et décoloniale, ce colloque vise à contribuer à la production de savoirs situés capables de déjouer les narrations dominantes qui invisibilisent ou dépossèdent les sujets caribéens de leur agentivité. Les communications attendues pourront porter, sans s’y limiter, sur les axes suivants Séance 1 (de 6) : Praxis féministes Animation : Danièle Magloire (chercheuse indépendante) Kay Fanm (Maison des femmes)
Responsables : Margaux Nève (École des hautes études en sciences sociales - EHESS) et Stéphanie Pache (Université du Québec à Montréal) Résumé du colloque : La manière dont la santé s’organise, dont elle est inégalement distribuée, ainsi que dont elle façonne et est façonnée par le genre invite à interroger les rapports de pouvoir qui la traversent ainsi que les luttes féministes dont elle est l’objet. Ce colloque propose d’analyser le pouvoir en santé à partir d’un dialogue structuré autour de trois enjeux centraux de la recherche féministe francophone actuelle. Un premier axe porte sur les politiques de santé et les luttes féministes qu’elles engendrent, y compris la question de l’ « autosanté », un deuxième analyse les effets du genre sur les pratiques et expériences de santé, et un troisième se concentre sur les rapports de genre dans la formation et la carrière médicales. Ce colloque est l’occasion d’aborder des objets de santé émergents et peu étudiés, comme l’endométriose ou les menstruations, et de revisiter des thématiques classiques des recherches et des luttes féministes, comme l’auto-soin et l’accouchement. Il s’attachera à mettre en lumière la pluralité des ancrages des luttes et la manière dont les rapports de pouvoir en santé varient selon les populations, les périodes historiques et les contextes géographiques dans lesquels ils s’inscrivent. Les terrains de recherche sont situés au Québec, en France, en Inde et en Suisse. Mobilisés de manière comparative, ils permettent collectivement de montrer à la fois les différences et les convergences des luttes. Ce colloque veut offrir un espace d’échanges pour la recherche francophone en vue de construire un dialogue informé sur les luttes et enjeux féministes en santé. Séance 1 (de 4) : Politisation de la santé et luttes féministes en contexte
Présidence de séance : Véronique Chetmi Eyali
Présidence de séance : Jade St-George (Université Laval)
Responsables : Responsables : Laurine Omnès (UQAM; Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Bénédicte Gattère (ULiege; Paris 8) et Valentine Bailly (Université Laval; Université Côte d'Azur) Résumé : Ce colloque propose de réunir des étudiant.e.s, des doctorant.e.s et jeunes chercheur.se.s de disciplines diverses, afin de discuter de l’actualité des théories et pratiques écoféministes, et principalement de leur richesse pour (re) penser les enjeux politiques, les luttes, et les méthodologies des travaux de recherche en sciences humaines et sociales. Ce colloque est aussi l’occasion de revenir sur la reconnaissance académique des théoriciennes et théories écoféministes, l’institutionnalisation dont elles font l’objet (Cook, 1998), de manière plus ou moins discrète, les dialogues possibles avec les espaces militants, et la place qui est donnée - ou qui reste à prendre - aujourd’hui pour les personnes qui s’en réclament. Séance 2 (de 4) : S’organiser pour faire (re)vivre les écoféminismes Animation : Laurine Omnès (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne ; UQAM)
Personnes responsables : Margaux Nève (École des hautes études en sciences sociales - EHESS) et Stéphanie Pache (Université du Québec à Montréal) Résumé du colloque : La manière dont la santé s’organise, dont elle est inégalement distribuée, ainsi que dont elle façonne et est façonnée par le genre invite à interroger les rapports de pouvoir qui la traversent ainsi que les luttes féministes dont elle est l’objet. Ce colloque propose d’analyser le pouvoir en santé à partir d’un dialogue structuré autour de trois enjeux centraux de la recherche féministe francophone actuelle. Un premier axe porte sur les politiques de santé et les luttes féministes qu’elles engendrent, y compris la question de l’ « autosanté », un deuxième analyse les effets du genre sur les pratiques et expériences de santé, et un troisième se concentre sur les rapports de genre dans la formation et la carrière médicales. Ce colloque est l’occasion d’aborder des objets de santé émergents et peu étudiés, comme l’endométriose ou les menstruations, et de revisiter des thématiques classiques des recherches et des luttes féministes, comme l’auto-soin et l’accouchement. Il s’attachera à mettre en lumière la pluralité des ancrages des luttes et la manière dont les rapports de pouvoir en santé varient selon les populations, les périodes historiques et les contextes géographiques dans lesquels ils s’inscrivent. Les terrains de recherche sont situés au Québec, en France, en Inde et en Suisse. Mobilisés de manière comparative, ils permettent collectivement de montrer à la fois les différences et les convergences des luttes. Ce colloque veut offrir un espace d’échanges pour la recherche francophone en vue de construire un dialogue informé sur les luttes et enjeux féministes en santé. SÉANCE 2 (de 4) : La négociation du sens et des soins comme pratique de pouvoir
Présidence de séance : Geneviève Pagé, Université du Québec à Montréal Résumé : Ce panel propose une analyse en trois temps des luttes LGBTQIA+ en contexte d’illibéralisme. La première présentation se penche sur les transformations récentes du contexte de mobilisation, les transformations de la relation entre l’État et les mouvements queers au Canada ainsi que le potentiel particulier de la résistance queer. La deuxième présentation s’attarde à la transformation et l’analyse de la temporalité des actions et des mouvements sociaux. La troisième présentation propose une analyse empirique des futurités des mouvements LGBTQIA+ et leurs implications pour la résistance.
Responsables : Caroline Caron (UQO), Lena A. Hübner (Université d'Ottawa), Camille Nicol (UQAM) Résumé : Cette rencontre scientifique d’une journée réunit des communications du Groupe de travail sur les « Enjeux féministes du numérique », récemment formé au sein du Réseau québécois en études féministes. Elle a pour but de favoriser les échanges au sein du groupe et auprès d’un auditoire international. Les communications vont adopter une approche féministe dans leur analyse d’enjeux sociétaux concernant le numérique, qui comprend les activités en ligne, mais aussi les infrastructures de l’Internet (serveurs, technologies mobiles, ordinateurs et écrans), les logiciels, applications, plateformes et dispositifs d’intelligence artificielle (tout ce qui relève du software), ainsi que les données (data) et le capitalisme de plateforme. Les communications s’appuieront sur des travaux de recherche et pourront examiner, par exemple, les dimensions individuelles et collectives des pratiques numériques et de l’engagement féministe, ou encore les inégalités de genre inscrites dans les transformations du travail et des activités humaines en lien avec le numérique. De même, les impacts sociaux et politiques découlant de la prolifération des systèmes d’intelligence artificielle sur la vie personnelle, professionnelle et collective des femmes pourront être examinés. Comment les inégalités sociales et économiques, les violences sexuelles et sexistes, de même que les mouvements misogynes se (ré)articulent-ils dans les environnements numériques? Comment, aussi, les résistances et les solidarités féministes s’y déploient-elles? Ce colloque a pour ambition de poser quelques jalons permettant de poser un diagnostic quant aux opportunités et aux défis posés aux solidarités féministes locales et internationales, particulièrement dans la francophonie. Séance 2 (de 4) : Menaces contre la dignité et les droits des femmes Animation : Caroline Caron, professeure, Département des sciences sociales, Université du Québec en Outaouais
Responsables : Valérie Irtanucci-Douillard (UQAM), Anne Létourneau (UdeM) et Laura Kassar (UdeM), membres du chantier « Religions, Féminismes et Genres » du RéQEF Résumé : Le colloque vise à explorer la dynamique bidirectionnelle dans la production et la circulation des savoirs entre études de genre et études du religieux. Nous souhaitons réfléchir à la manière dont les sciences des religions, la théologie féministe et les études du spirituel - souvent reléguées à la marge du champ féministe - peuvent contribuer à renouveler, complexifier et pluraliser les modèles conceptuels mobilisés dans les théories féministes contemporaines. Cette réflexion suppose d’interroger les conditions de possibilité d’un véritable dialogue interdisciplinaire entre ces domaines, dialogue qui engage à repenser les frontières épistémiques héritées entre raison et foi, entre critique et engagement, entre matérialité et transcendance. Au-delà d’un simple exercice de traduction entre champs, il s’agit de se demander comment les savoirs issus de la pratique croyante, de la théologie critique et des expériences spirituelles situées peuvent déplacer des notions-clés telles que l’autonomie, l'agentivité, la corporéité, la croyance ou la subjectivité, en en révélant les fondements pluriels. Dans cette perspective, le colloque se propose d’identifier et de mettre en discussion les tensions productives ainsi que les reconfigurations conceptuelles que ce dialogue rend possibles. À travers la confrontation de perspectives issues de la théologie féministe, des sciences des religions et des études de genre, le colloque cherchera à articuler les apports de la pensée féministe du religieux aux théories intersectionnelles, afin de montrer comment une prise en compte renouvelée du « fait religieux » peut ouvrir de nouvelles voies pour penser l’agentivité, la subjectivation et la résistance à partir d’ancrages à la fois spirituels, culturels et politiques. Séance 2 (de 8) : Genres, sexualités et mouvements écoféministes
Responsables : Célia Romulus (Université d’Ottawa), Danièle Magloire (Kay Fanm /Maison des femmes) et Sabine Lamour (Université d’État d’Haiti/ Université Ottawa) Résumé : Dans la continuité des réflexions initiées entre chercheuses et militantes féministes de la Caraïbe francophone lors de la première Conférence internationale interdisciplinaire de recherche sur le genre (CIRGG) tenue à Port-au-Prince (Haïti) en 2016, puis au CIRFF de 2018 à Paris-Nanterre, ce colloque propose d’explorer les expériences, luttes et stratégies déployées par les femmes, les minorités de genre et les collectifs féministes de la Caraïbe francophone. L’objectif est de rassembler des travaux portant sur les féminités et masculinités, les mobilisations féministes, les stratégies de résistance et les pratiques de souveraineté déployées dans les espaces sociaux, politiques et symboliques caribéens. Ancré dans une démarche critique, militante et décoloniale, ce colloque vise à contribuer à la production de savoirs situés capables de déjouer les narrations dominantes qui invisibilisent ou dépossèdent les sujets caribéens de leur agentivité. Les communications attendues pourront porter, sans s’y limiter, sur les axes suivants Séance 2 (de 6) : Représentations, littérature et féminisme Animatrice de séance : Sabine Lamour (Université d’État d’Haiti, Université d’Ottawa)
Personnes responsables : Catherine Rousseau, (Université Laval), Carole Boulebsol (Université du Québec en Outaouais), Sylvie Lévesque (Université du Québec à Montréal) Résumé du colloque : Ce colloque international et interdisciplinaire interroge les façons de concevoir, mener et diffuser des recherches sur la santé reproductive à partir de méthodologies féministes innovantes - participatives, créatives ou alternatives. Il s’intéresse aux violences reproductives et à leurs effets sur l’exercice des droits reproductifs, en mettant de l’avant des projets de recherche et de recherche-création qui transforment à la fois les pratiques de collecte de données et les modes de circulation des savoirs féministes. L’espace proposé invite les participant·es à se décentrer des résultats pour mettre l’accent sur leurs stratégies méthodologiques (entrevues sensibles, dispositifs expérimentaux, autoethnographie, photovoix) et leurs choix de diffusion (théâtre documentaire, expositions, bandes dessinées, ateliers participatifs). Une attention particulière sera portée aux postures épistémologiques, aux éthiques relationnelles, aux rapports de pouvoir et aux enjeux de justice épistémique, d’(in)visibilisation et de circulation des savoirs marginalisés. Inscrit dans l’axe 3 de l’appel du CIRFF, ce colloque propose de (ré)imaginer la production, la légitimation et la diffusion des savoirs féministes sur les violences reproductives, en poursuivant trois objectifs : rendre visibles des approches méthodologiques féministes innovantes, explorer des formes de diffusion alternatives et réfléchir aux postures, affects, positionnalités et pratiques de réflexivité. Structuré selon ces trois blocs thématiques, il se déroulera sur une journée et demie, comprendra six séances orales, une session d’affiches et un atelier créatif, et rassemblera 15 à 20 intervenant·es de divers statuts (professeures, chercheuses, étudiant·es, professionnel·les des milieux artistiques, de l’intervention et des médias). Séance 1 (de 4) : Visibiliser des approches méthodologiques féministes innovantes de collecte et d’analyse des données (partie 2 de 2)
Responsables : Laurence Ouellet-Boivin (Université Laval), Isabelle Auclair (Université Laval) et Marie Robichaud-Gravel (Université Laval) Résumé : Le colloque « Regards sur les méthodologies féministes » propose une réflexion collective sur les méthodologies féministes comme pratiques situées, critiques et transformatrices, dans un contexte politique, social et environnemental marqué par des rapports de pouvoir persistants et des régressions démocratiques. Ancré dans les épistémologies féministes, le colloque interroge la production des savoirs dominants, leurs angles morts et les violences épistémiques qu’ils reconduisent, tout en mettant en lumière le potentiel émancipateur des méthodologies féministes. Sur deux journées, les échanges porteront sur les conditions sociales, historiques et politiques des méthodes de recherche, leur capacité à reproduire ou à contester les rapports de domination, ainsi que sur les tensions internes aux féminismes, notamment liées à la colonialité, aux hiérarchies linguistiques et disciplinaires et aux dynamiques de blanchiment des savoirs. En dialogue avec la francophonie, le colloque reconnaît celle-ci à la fois comme espace de solidarité et comme lieu traversé de contradictions et de violences épistémiques. La programmation alterne panels, ateliers participatifs, cercles de discussion et activités créatives autour de thématiques clés : justice épistémique, écriture scientifique féministe, réflexivité sur les pratiques de recherche, méthodologies créatives et sensorielles, approches pluriverselles, décoloniales et intersectionnelles, ainsi que coconstruction et méthodologies participatives. Une attention particulière est portée aux savoirs issus des Suds, aux ancrages communautaires et militants, et aux formes alternatives de production et de partage des connaissances. Pensé selon une modalité hybride, le colloque vise à favoriser l’accessibilité, à interroger les pratiques académiques de déplacement et à investir l’espace virtuel comme lieu de résistance féministe. Séance 2 (de 4) : Panel d’ouverture : Au croisement des savoirs et des pratiques : ouvrir le champ méthodologique II
Responsables : Émilie Gervais (Université Laval), Florence Pasche Guignard (Université Laval), Marie-Christine Brault (Université Laval), Marie-Josée Saint-Pierre (Université Laval), Laura Lafrance (UQAM), Marie Janot-Caminade (Institut des Sciences Sociales du Politique), Zoé Grumberg (Université d’Angers), Alice Lacoue-Labarthe (Université Grenoble Alpes) Résumé : Ce colloque en collaboration internationale (France/Québec) examine et réimagine les maternités « académiques » (universités, hautes-écoles, cégeps, institutions supérieures de recherche et formation) à partir de perspectives féministes. Il intègre une approche en recherche-création impliquant une participation active dans chacun des volets qui le composent. Le but de ce colloque est de réfléchir à la place de la maternité à l’université non seulement en tant qu’objet d’étude, mais aussi comme une expérience vécue, avec des impacts sur le déroulement des études, le travail de recherche et d’enseignement, les contenus des cours et les postures de chacun·e à l’université. Nous soulignerons la nature réciproque de cette influence : comment un milieu universitaire (ou plus généralement académique) affecte l’expérience des mères en son sein, et comment ces mères, en retour, transforment ce milieu en tant qu’espace d’étude, de travail et de recherche. Nous explorerons comment, dans le cadre exigeant de l’université, se vit, se dit et se pense la maternité : comme désir, projet, possibilité, expérience en cours, ou comme choix ou contrainte de ne pas y entrer. Le colloque débutera avec des conférences amenant des éléments théoriques et épistémologiques (volet 1). Ensuite des espaces structurés et libres (volets 2 et 3) permettront le partage d’expériences sur la maternité en contextes académiques et l’exploration de résistances et d’actions concrètes (volet 4). Une bibliographie de recherche, avec possibilité de rétroaction sera partagée (volet 5) et finalement, l’activité de recherche-création transversale à l’ensemble du colloque (collages papier et génération avec l’IA) sera présentée et commentée avant une conclusion générale (volet 6). Séance 4 (de 6) : Penser les résistances collectives au double modèle normatif de femmes et chercheuses « totales »
Responsables : Sophie Parent (Université Laval), Megan Blanche (Université Laval), Milaine Alarie (Institut national de la recherche scientifique) Résumé : Depuis quelques décennies, nous assistons à une diversification des modèles conjugaux et familiaux en contexte occidental. Différentes configurations ont émergé, comme les familles recomposées, homo/lesboparentales, pluriparentales et choisies. On constate aussi une augmentation du nombre de couples non-cohabitants et une hausse de l’intérêt pour la non-monogamie consensuelle, ébranlant la représentation culturelle de la famille nucléaire. Cette pluralisation ne peut être expliquée sans reconnaître l’influence des luttes féministes et queers contemporaines, qui ont mené à plusieurs changements significatifs sur les plans juridique, culturel et social (ex: contraception, avortement, mariage entre personnes de même sexe, etc.), ces changements élargissent ainsi le champ des possibles quant aux manières de vivre l’intimité et de faire famille. Ces évolutions soulèvent toutefois certaines questions : Comment ces modèles conjugaux ou familiaux émergeants permettent-ils de résister aux normes genrées et/ou à l’hétéronormativité ? Comment s’y articulent les (re)négociations des rôles de genre ? Jusqu’à quel point ces innovations relationnelles et familiales constituent-elles des pratiques de résistance féministe, et dans quelle mesure reconduisent-elles, possiblement sous de nouvelles formes, certains rapports de pouvoir ou normes existantes ? Ce colloque propose d’explorer ces enjeux à travers des perspectives académiques et communautaires. Les communications porteront sur les façons de repenser le couple et la famille au-delà des normes en abordant notamment: (1) les réalités des familles queers et transparentales, (2) les diverses trajectoires pour « faire famille », (3) la remise en question des normes monogames et biparentales, ainsi que (4) les défis légaux associés à ces configurations émergentes. Séance 2 (de 4) : Faire famille : par quelles méthodes ? GPA, PMA, adoption et autres trajectoires non-conventionnelles
Responsables : Eve-Marie Lampron (UQAM) et Fanny Bugnon (Université Rennes 2) Résumé : Dans la longue - et inachevée - marche vers la mise en récit et la diffusion d’une histoire des femmes et du genre, les approches biographiques ont permis à plusieurs (proto)féministes, du XVIIIe siècle à nos jours, de s’identifier à certaines figures, puis de joindre des luttes collectives à partir de cette prise de conscience (Lerner, 1993 ; Lampron, 2022). Rébecca Rogers rappelait d’ailleurs récemment l’importance des biographies dans l’écriture de l’histoire des féminismes (2025). Mais qu’en est-il pour l’enseignement ? Si les approches individuelles ont suscité plusieurs critiques chez les historiennes des féminismes et sont sources de défis (Alpern et al., 1992), elles offrent pourtant des potentialités d’attraction et de mobilisation des étudiant·es. En effet, l’entrée par la biographie et la prosopographie possèdent des vertus pour l’enseignement car, au-delà de l’incarnation qu’elles offrent comme dispositif pédagogique de formation, elles permettent également de mobiliser les étudiant·es pour ensuite « entrer en recherche » à partir de vies ordinaires ou plus connues. Encore faut-il voir qui mettre en avant en classe, dans quel contexte, avec quelles intentions pédagogiques et matériaux, sachant l’ampleur des angles morts (Pierre et Dumais, 2025). Ce colloque réunit des enseignant·es en histoire des féminismes, principalement en milieu universitaire, afin de se pencher collectivement sur la question des trajectoires individuelles convoquées (ou non) dans l’enseignement de l’histoire des féminismes. Cette proposition s'inscrit dans l'axe 3 « Ré(imaginer) les savoirs féministes » et vise à « penser et agir sur les différences de valorisation, de reconnaissance et de diffusion des savoirs" Séance 2 (de 4) : QUELLES MÉTHODOLOGIES POUR TRANSMETTRE L’HISTOIRE DES FÉMINISMES ET DES ANTI-FÉMINISMES ? Animation : Denyse Baillargeon (Université de Montréal)
Responsables : Dylan Racana (Université Lyon 2) et Isabelle Collet (Université de Genève) Résumé du colloque : L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) peut être appréhendée comme un dispositif de socialisation au sein duquel se co-produisent savoirs, normes et rapports de pouvoir. Loin de relever d’une simple transmission d’informations, elle participe à la régulation des corps, des subjectivités et des relations sociales, en articulant prescriptions institutionnelles, attentes morales et expériences situées des publics concernés. Dans un contexte marqué à la fois par la montée des controverses autour du genre, des injonctions contradictoires faites aux institutions éducatives et la persistance des violences sexistes et sexuelles, l’EVARS constitue un observatoire privilégié des tensions contemporaines entre émancipation, contrôle et responsabilisation. Ce symposium propose d’interroger l’EVARS à partir d’une perspective critique, attentive aux dynamiques genrées et aux rapports sociaux qui structurent sa mise en œuvre. Les communications sont regroupées autour de quatre ensembles. • Le premier examine l’EVARS comme espace de production et de négociation des normes sexuelles dans les trajectoires scolaires et universitaires, en analysant les expériences ordinaires du consentement, des corps et des interactions. • Le deuxième déplace l’analyse vers des espaces éducatifs périphériques à l’école, afin d’envisager l’EVARS comme un champ élargi de production discursive, où se rejouent des frontières symboliques entre savoir légitime, culture, moralité et sexualité. • Le troisième ensemble s’intéresse aux acteur·ices professionnel·les et aux cadres institutionnels, en considérant l’EVARS comme une politique publique faiblement stabilisée. • Le dernier regroupement analyse l’EVARS comme un lieu de conflictualité, où s’exercent des formes de contrôle social, de résistance et de responsabilisation sexuée. Séance 2 (de 4) : Menstruations, drag et bibliothèque : l’éducation à la sexualité à la périphérie de l’école Animation : Dylan Racana (Université Lyon 2) et Isabelle Collet (Université de Genève)
Les présentations par affiches offrent l'occasion de découvrir, tout au long de la journée, des résultats de projets de recherches universitaires ou communautaires. Les affiches seront exposées en continu et les personnes présentatrices seront présentes entre X h et X h pour discuter de leur démarche, répondre aux questions et échanger avec les participant·e·s.
Personnes responsables : Maude Dionne (Université Laval), Catherine Rossi (Université Laval) et Geneviève Lessard (Université Laval) Résumé du colloque : Nous vous proposons un colloque d’une journée sur la grande thématique de la violence en conjuguant l’héritage des luttes féministes et les enjeux actuels. Par une programmation riche et interdisciplinaire, ce colloque mettra en valeur les recherches de nos membres, tant de la relève étudiante, que du corps professoral. Ces recherches favorisent le changement social, afin de promouvoir des pratiques favorisant la justice sociale et des rapports plus égalitaires ainsi que l’amélioration des politiques publiques. Les propositions de communication scientifique, réparties dans quatre blocs thématiques, marient les axes thématiques 2 ((Ré)imaginer les luttes féministes) et 3 (Savoirs féministes). Séance 2 (de 4) : La recherche participative avec les victimes de violence
La convergence des luttes : les contre-espaces de la COP30 à Belém (Brésil) est une exposition photographique qui explore, à partir du regard d’une jeune militante québécoise, le pouvoir politique des espaces qui se déploient en marge des instances officielles de négociation climatique. À travers une vingtaine de photographies et de courts textes réflexifs, la proposition met en lumière les manifestations, sommets populaires, actions de dénonciation et autres formes de rassemblements militants qui se constituent comme des contre-espaces face à la froideur technocratique de la COP30. Ces lieux, animés par des émotions militantes intenses - colère, indignation, urgence, empathie - deviennent des scènes privilégiées pour analyser la convergence des luttes climatiques, féministes et décoloniales, particulièrement dans une perspective francophone et transnationale. En s’ancrant dans l’axe « Réimaginer les luttes féministes », l’exposition interroge la manière dont la défense des territoires, la dénonciation des violences extractivistes et la contestation des exclusions structurelles des lieux de pouvoir s’entrecroisent avec les luttes contre le patriarcat et le colonialisme. Elle met en évidence le rôle des émotions comme force motrice des mobilisations, mais aussi comme vecteur de production de savoirs situés souvent marginalisés par les institutions. Installée dans les espaces communs du congrès, l’exposition se veut elle-même un contre-espace, accessible en circulation libre, qui prolonge les réflexions militantes hors des salles formelles et invite les personnes participantes à reconnaître la légitimité politique des affects dans les luttes contre l’oppression.
Responsables : Line Chamberland (INRS,UQAM), Juliette Munoz (UQAM), Ambre Marionneau (INRS) Résumé : Dans un contexte où la reconnaissance des Études lesbiennes demeure limitée dans les institutions francophones, le Réseau d’Études et d’Expression Lesbienne (RÉEL) rassemble des chercheur.euses francophones de plusieurs continents dans un objectif de visibilisation et de légitimation de leur travail. Ainsi, dans l’esprit de la 9ème édition du CIRFF, il propose un colloque interdisciplinaire et transgénérationnel dédié aux savoirs et aux recherches lesbiennes, au croisement des trois axes du congrès, avec un rattachement privilégié à l’axe « Savoirs ». Les contributions confirmées à ce jour sont regroupées en 7 panels : Jour 1 : la circulation des savoirs lesbiens, les spatialités lesbiennes, les enjeux éthiques et méthodologiques de la recherche et l’actualité éditoriale lesbienne francophone; Jour 2 : les archives lesbiennes, leurs usages et les enjeux de conservation et de circulation des mémoires. S’y ajoute l’exposition des Archives lesbiennes du Québec intitulée « Pour que nos mémoires vivent ! ». Sur une durée de 4 demi-journées, il réunira plus d’une vingtaine de participantes (17 en présentiel, 6 en ligne ou en présentiel à confirmer), d’origines culturelles diverses, issues de milieux académiques, militants, communautaires ou culturels. L’objectif de ces journées est d’interroger la construction des savoirs relatifs aux vies lesbiennes, leurs cultures, leurs formes de résistance et leurs mémoires, des savoirs souvent marginalisés dans les milieux académiques francophones. Elles s’adressent à tous les publics portant un intérêt aux études et savoirs lesbiens et visent à faire connaître le réseau émergent du RÉEL, un réseau en pleine construction. Séance 2 (de 7) : Penser les espaces lesbiens. Animation : Line Chamberland (UQAM)
Présidence de séance : Rathuja Sivasubramaniam
Responsables : Naïma Hamrouni (UQTR) et Chantal Maillé (Université Concordia) Résumé : En réunissant des contributrices au livre Le sujet du féminisme est-il blanc? Luttes et savoirs actuels. Tome II, parut à l’automne 2025, ainsi que des invitées locales et internationales, ce colloque a pour objectif de rendre compte de l’actualité de travaux au croisement des études féministes, des théories décoloniales et des théories critiques sur la race. Séance 2 (de 4): Corps et Expériences Animation : Chantal Maillé (Université Concordia)
Responsables : Stéphanie Proulx (Université de Sherbrooke) et Lucile Mulat (Université de Toronto) Résumé : Intimement lié à l’histoire des normes sexuelles, des rôles de genre et de la filiation, le couple occupe une place centrale dans l’imaginaire social occidental. Or, les récits contemporains, qu'ils littéraires, cinématographiques, télévisuels, médiatiques ou numériques, montrent un paradoxe frappant : alors que le couple apparaît en crise (augmentation du célibat, multiplication des divorces, montée en visibilité des féminicides souvent perpétrés par un conjoint ou un ex-conjoint), il demeure envisagé comme horizon privilégié du bonheur et de l’accomplissement individuel. Des romances de Noël à la téléréalité sentimentale (Love is Blind, L’amour est dans le pré…), les dispositifs narratifs reconduisent les promesses du duo conjugal, tout en rendant visibles les tensions qui le menacent. Ce colloque propose d’interroger la manière dont les récits contemporains réinventent, critiquent ou fragilisent le modèle hétéro-conjugal traditionnel. Il s’agira d’observer comment ils intègrent des perspectives féministes ou queer, en questionnant la possibilité de « faire couple » autrement : que faut-il transformer pour concilier amour, égalité et autonomie ? Quels ajustements le couple requiert-il pour devenir un espace non violent, notamment pour les femmes ? Les récits contemporains ouvrent également la voie à des alternatives - polyamour, célibat choisi, amitiés structurantes - qui décentrent la conjugalité au profit d’autres formes de liens. À travers ces enjeux, le colloque vise à penser le couple non comme évidence, mais comme construction politique, imaginaire et narrative, et à examiner comment les récits actuels participent à sa perpétuation, à sa réinvention ou à sa dissolution. Séance 2 (de 4) : Décentrer le couple : formes relationnelles et résistances féministes
Responsables : Laurie Gagnon-Bouchard (UOttawa), Katherine Robitaille (ULaval), Leila Celis (UQAM) et Marie-Josée Massicotte (UOttawa) Résumé : Les femmes sont en première ligne des résistances face aux projets extractivistes, capitalistes et coloniaux. Qu’il s’agisse des Mères au front, des femmes atikamekw, kanien’kehá:ka et wet’suwet’en qui font blocage aux projets destructeurs du vivant, ou encore des agricultrices garantes de la subsistance, ces luttes prennent racine dans des territoires habités, vécus et pensés comme des espaces relationnels indissociables des êtres qui les composent. Ces espaces concrets sont à la fois ceux où s’exercent la dépossession et la destruction, et ceux pour lesquels s’organisent les résistances, la régénération et le care. Face à des systèmes d’oppression sexistes, coloniaux, capitalistes et extractivistes, les luttes féministes ancrées dans le(s) territoire(s) ouvrent des voies d’émancipation fondées sur le care, la subsistance, la collectivité et la réciprocité. Les pratiques d’opposition et de réparation réhabilitent d’autres manières de se relier aux territoires et au monde, et ce, malgré les contraintes imposées par ces mêmes systèmes d’oppression. En croisant les perspectives de la subsistance, des écoféminismes, des femmes et féminismes autochtones, des féminismes décoloniaux et critiques du développement, ce colloque permettra d’interroger les manières dont les blocages, les communs et l’autodétermination deviennent des praxis de soin capables d’interrompre les dynamiques oppressives et destructrices pour permettre le foisonnement du vivant. Les organisatrices invitent à explorer les enjeux, tensions et limites qui traversent les luttes territoriales ainsi que les résistances et solidarités dans la construction des communs. Elles invitent à penser collectivement aux gestes, alliances et récits qui défendent la possibilité même de la suite du monde. Séance 2 (de 7) : Les luttes féministes pour la subsistance et le(s) territoire(s) II Animation : Laurie Gagnon-Bouchard (uOttawa) et Leila Celis (UQAM) Résumé de la séance : Ce panel explore les pratiques féministes de subsistance comme des manières d’habiter les territoires et de résister aux logiques capitalistes et patriarcales. Si le patriarcat et le capitalisme détruisent les savoirs, défont les territoires et aliènent les conditions matérielles de la vie, le féminisme de la subsistance se dégage de leur emprise à partir de pratiques de résistance qui s’attaquent d’abord à la matérialité du monde. En s’appuyant sur les perspectives de Maria Mies, Veronika Bennholdt-Thomsen et Geneviève Pruvost, ce panel propose de mettre en lumière les pratiques ordinaires - autoproduction, transmission de savoirs manuels, entraide, fabrication de la maisonnée - comme des façons de recomposer le rapport au monde et le monde lui-même à partir des gestes les plus quotidiens. Il souhaite ainsi explorer le passage de la critique anticapitaliste et antipatriarcale « à l’acte » (Pruvost, 2021), en s’attardant aux initiatives qui incarnent d’autres modèles de société et de possibles par l’entre-subsistance. Dans cette perspective, il s’agira de visibiliser les manières dont la subsistance est politique et la puissance qu’elle permet de révéler dans la possibilité de déjouer la division genrée du travail ainsi que l’invisibilisation des savoirs vernaculaires qui permettaient autrefois de faire les choses « à sa mesure » (Pruvost, 2021). En partant des perspectives de Pruvost, Mies et Bennholdt-Thomsen, le panel interrogera enfin le potentiel transformateur de ces pratiques pour penser la décroissance féministe, créer des brèches dans le monde capitaliste et imaginer des formes de démocratie enracinées dans les communs, les maisonnées et l’attention au vivant.
Responsable : Maria Nengeh Mensah (UQAM) Résumé : Ce colloque vise à mettre en commun les résultats d’une recherche inédite sur l’expérience sociale des toilettes publiques à Montréal et à débattre collectivement sur les questions sociopolitiques et les luttes féministes qui s’en dégagent. Il s’agit de réfléchir sur l’accès, l'usage, l’aménagement et la gestion des toilettes à partir d’une compréhension critique des systèmes d’oppression et de privilège qui transforment l’expérience des personnes en une situation d'exclusion sociale, menant à la déshumanisation notamment des femmes, des personnes trans et des personnes en situation d’itinérance. Simultanément, il s’agit d’explorer comment, en pratique, les toilettes publiques peuvent être mises au service de la déconstruction des inégalités et de l’injustice. D’un point de vue interdisciplinaire, académique et militant, les conférences répondront aux questions suivantes : Quels défis et enjeux d’accès aux toilettes interpellent les luttes féministes et queer contemporaines? Quelles propositions théoriques permettent de réimaginer les toilettes publiques en recentrant les savoirs autour des diverses expériences situées et en problématisant le statu quo inégalitaire? Quelles méthodologies de recherche et d’intervention peuvent s’allier pour améliorer les conditions d’accès aux toilettes publiques des femmes, des personnes de diverses identités de genre et de celles issues de groupes historiquement et socialement marginalisés? Et, Quelles sont les stratégies d’inclusion qui confrontent les systèmes en place, rapports de pouvoir et de violences, auxquels font face les femmes, les personnes de la diversité sexuelle et la pluralité de genre, les personnes racisées, en situation de handicap et celles qui évoluent à l’intersection de divers systèmes d’oppression? Séance 2 (de 4) : Propositions théoriques Animation : Olivier Vallerand, professeur, École de design, Université de Montréal
Responsable : Fatoumata Bernadette Sonko (CESTI-UCAD) Résumé : La marginalisation des femmes dans les structures de production et de validation des savoirs se perpétue depuis la «déterritorialisation» occasionnée par l’arrivée des religions du Livre et de la colonisation. Dans les sociétés négro-africaines aux logiques matriarcales (Cheikh Anta Diop,1959), les femmes étaient au centre des instances du pouvoir politique, social, religieux, tant dans l’espace familial que communautaire. Sa déstructuration par le système colonial s’est faite avec la reproduction des logiques de domination prévalant dans les métropoles. L’idéologie patriarcale a servi de pivot à la politique coloniale, mais aussi aux structures religieuses, pour s’arroger les instances de légitimation du savoir et perpétuer un discours dominant. Cette logique se reproduit au-delà de l’espace colonial avec la validation du « contrat social sénégalais » (Donal Cruise O’Brien, 2002). Depuis, se poursuit ce processus reléguant les femmes dans la catégorie des « cadets sociaux » avec la construction d’une sémantique (académique, politique, économique…) et d’une posture subalterne (Spivak, 2009) les confinant dans le silence et l’invisibilité. Notre travail se concentre sur le champ médiatique, un des miroirs de la société, pour montrer comment les sénégalaises sont écartées des institutions du pouvoir et du savoir. Aussi, pensons-nous qu’une combinaison de facteurs complexes, renforcés par la socialisation différenciée, l’exclusion de l’histoire, des instances de validation du savoir, est subtilement tissée pour perpétuer leur représentation minorée dans l’imaginaire collectif. Notre recherche s’appuie sur un croisement des Études postcoloniales et décoloniales pour illustrer comment se construit le narratif de ces mécanismes de domination. Séance 2 (de 4)
La convergence des luttes : les contre-espaces de la COP30 à Belém (Brésil) est une exposition photographique qui explore, à partir du regard d’une jeune militante québécoise, le pouvoir politique des espaces qui se déploient en marge des instances officielles de négociation climatique. À travers une vingtaine de photographies et de courts textes réflexifs, la proposition met en lumière les manifestations, sommets populaires, actions de dénonciation et autres formes de rassemblements militants qui se constituent comme des contre-espaces face à la froideur technocratique de la COP30. Ces lieux, animés par des émotions militantes intenses - colère, indignation, urgence, empathie - deviennent des scènes privilégiées pour analyser la convergence des luttes climatiques, féministes et décoloniales, particulièrement dans une perspective francophone et transnationale. En s’ancrant dans l’axe « Réimaginer les luttes féministes », l’exposition interroge la manière dont la défense des territoires, la dénonciation des violences extractivistes et la contestation des exclusions structurelles des lieux de pouvoir s’entrecroisent avec les luttes contre le patriarcat et le colonialisme. Elle met en évidence le rôle des émotions comme force motrice des mobilisations, mais aussi comme vecteur de production de savoirs situés souvent marginalisés par les institutions. Installée dans les espaces communs du congrès, l’exposition se veut elle-même un contre-espace, accessible en circulation libre, qui prolonge les réflexions militantes hors des salles formelles et invite les personnes participantes à reconnaître la légitimité politique des affects dans les luttes contre l’oppression.
Nous avons le plaisir de vous inviter à participer à la toute première assemblée générale annuelle de l'Association congrès international des recherches féministes dans la francophonie (ACIRFF). Cette Assemblée sera l'occasion de procéder à l'élection des membres du Bureau et du Conseil et marque une étape importante dans la création de notre association. Votre participation à cette AGA historique sera l'occasion d'en connaître plus sur l'association et de devenir membre. Qu'est-ce que l'ACIRFF ? L’Association Congrès international des recherches féministes dans la francophonie (ACIRFF) a pour mission de veiller à la tenue régulière, tous les trois ans, du Congrès international des recherches féministes dans la francophonie (CIRFF), garantissant ainsi la continuité de cette rencontre scientifique majeure. Son rôle est de promouvoir à l’échelle nationale et internationale la diffusion, la reconnaissance institutionnelle et le rayonnement des savoirs féministes développés dans la francophonie, pour en intensifier l’impact scientifique et social. Pourquoi devenir membre de l'ACIRFF ? En plus d'avoir le privilège de contribuer activement à la vie de l'Association, notamment en exerçant son droit de vote à l'Assemblée, devenir membre de l'ACIRFF c'est aussi : ● Rejoindre un réseau international de personnes engagées en recherche féministe dans la francophonie. ● Développer des collaborations et élargir son réseau professionnel. ● Contribuer à accroître l'impact scientifique, social et politique des savoirs féministes dans la francophonie. ● Participer à la vie scientifique du CIRFF et de l'Association. ● Soutenir la pérennité et le rayonnement d'un congrès international majeur et de l'avancement des recherches féministes. Si vous désirez participer à ce moment historique, merci de remplir le formulaire avant le dimanche 16 août 2026. Lieu / plateforme : Salle Hydro-Québec du pavillon Desjardins de l’Université Laval, à Québec et en ligne sur Zoom (le lien sera communiqué quelques jours avant l'AGA). Pour toutes questions, écrire à acirff.secretariat@gmail.com
Personnes responsables : Catherine Rousseau (Université Laval), Carole Boulebsol (Université du Québec en Outaouais) et Sylvie Lévesque (Université du Québec à Montréal) Résumé du colloque : Ce colloque international et interdisciplinaire interroge les façons de concevoir, mener et diffuser des recherches sur la santé reproductive à partir de méthodologies féministes innovantes - participatives, créatives ou alternatives. Il s’intéresse aux violences reproductives et à leurs effets sur l’exercice des droits reproductifs, en mettant de l’avant des projets de recherche et de recherche-création qui transforment à la fois les pratiques de collecte de données et les modes de circulation des savoirs féministes. L’espace proposé invite les participant·es à se décentrer des résultats pour mettre l’accent sur leurs stratégies méthodologiques (entrevues sensibles, dispositifs expérimentaux, autoethnographie, photovoix) et leurs choix de diffusion (théâtre documentaire, expositions, bandes dessinées, ateliers participatifs). Une attention particulière sera portée aux postures épistémologiques, aux éthiques relationnelles, aux rapports de pouvoir et aux enjeux de justice épistémique, d’(in)visibilisation et de circulation des savoirs marginalisés. Inscrit dans l’axe 3 de l’appel du CIRFF, ce colloque propose de (ré)imaginer la production, la légitimation et la diffusion des savoirs féministes sur les violences reproductives, en poursuivant trois objectifs : rendre visibles des approches méthodologiques féministes innovantes, explorer des formes de diffusion alternatives et réfléchir aux postures, affects, positionnalités et pratiques de réflexivité. Structuré selon ces trois blocs thématiques, il se déroulera sur une journée et demie, comprendra six séances orales, une session d’affiches et un atelier créatif, et rassemblera 15 à 20 intervenant·es de divers statuts (professeures, chercheuses, étudiant·es, professionnel·les des milieux artistiques, de l’intervention et des médias). Axe 2 : Explorer des formes de diffusion alternatives (arts, théâtre documentaire, balados, etc.)
Les présentations par affiches offrent l'occasion de découvrir, tout au long de la journée, des résultats de projets de recherches universitaires ou communautaires. Les affiches seront exposées en continu et les personnes présentatrices seront présentes entre X h et X h pour discuter de leur démarche, répondre aux questions et échanger avec les participant·e·s.
Responsables : Émilie Gervais (Université Laval), Florence Pasche Guignard (Université Laval), Marie-Christine Brault (Université Laval), Marie-Josée Saint-Pierre (Université Laval), Laura Lafrance (UQAM), Marie Janot-Caminade (Institut des Sciences Sociales du Politique), Zoé Grumberg (Université d’Angers), Alice Lacoue-Labarthe (Université Grenoble Alpes) Résumé : Ce colloque en collaboration internationale (France/Québec) examine et réimagine les maternités « académiques » (universités, hautes-écoles, cégeps, institutions supérieures de recherche et formation) à partir de perspectives féministes. Il intègre une approche en recherche-création impliquant une participation active dans chacun des volets qui le composent. Le but de ce colloque est de réfléchir à la place de la maternité à l’université non seulement en tant qu’objet d’étude, mais aussi comme une expérience vécue, avec des impacts sur le déroulement des études, le travail de recherche et d’enseignement, les contenus des cours et les postures de chacun·e à l’université. Nous soulignerons la nature réciproque de cette influence : comment un milieu universitaire (ou plus généralement académique) affecte l’expérience des mères en son sein, et comment ces mères, en retour, transforment ce milieu en tant qu’espace d’étude, de travail et de recherche. Nous explorerons comment, dans le cadre exigeant de l’université, se vit, se dit et se pense la maternité : comme désir, projet, possibilité, expérience en cours, ou comme choix ou contrainte de ne pas y entrer. Le colloque débutera avec des conférences amenant des éléments théoriques et épistémologiques (volet 1). Ensuite des espaces structurés et libres (volets 2 et 3) permettront le partage d’expériences sur la maternité en contextes académiques et l’exploration de résistances et d’actions concrètes (volet 4). Une bibliographie de recherche, avec possibilité de rétroaction sera partagée (volet 5) et finalement, l’activité de recherche-création transversale à l’ensemble du colloque (collages papier et génération avec l’IA) sera présentée et commentée avant une conclusion générale (volet 6). Séance 5 (de 6) : Présentation et co-construction d’une bibliographie annotée sur « Féminismes et maternités »
Responsables : Stéphanie Proulx (Université de Sherbrooke) et Lucile Mulat (Université de Toronto) Résumé : Intimement lié à l’histoire des normes sexuelles, des rôles de genre et de la filiation, le couple occupe une place centrale dans l’imaginaire social occidental. Or, les récits contemporains, qu'ils littéraires, cinématographiques, télévisuels, médiatiques ou numériques, montrent un paradoxe frappant : alors que le couple apparaît en crise (augmentation du célibat, multiplication des divorces, montée en visibilité des féminicides souvent perpétrés par un conjoint ou un ex-conjoint), il demeure envisagé comme horizon privilégié du bonheur et de l’accomplissement individuel. Des romances de Noël à la téléréalité sentimentale (Love is Blind, L’amour est dans le pré…), les dispositifs narratifs reconduisent les promesses du duo conjugal, tout en rendant visibles les tensions qui le menacent. Ce colloque propose d’interroger la manière dont les récits contemporains réinventent, critiquent ou fragilisent le modèle hétéro-conjugal traditionnel. Il s’agira d’observer comment ils intègrent des perspectives féministes ou queer, en questionnant la possibilité de « faire couple » autrement : que faut-il transformer pour concilier amour, égalité et autonomie ? Quels ajustements le couple requiert-il pour devenir un espace non violent, notamment pour les femmes ? Les récits contemporains ouvrent également la voie à des alternatives - polyamour, célibat choisi, amitiés structurantes - qui décentrent la conjugalité au profit d’autres formes de liens. À travers ces enjeux, le colloque vise à penser le couple non comme évidence, mais comme construction politique, imaginaire et narrative, et à examiner comment les récits actuels participent à sa perpétuation, à sa réinvention ou à sa dissolution. Séance 3 (de 4) : MATERNITÉ ET DÉSAFFILIATION CONJUGALE
Responsables : Naïma Hamrouni (UQTR) et Chantal Maillé (Université Concordia) Résumé : En réunissant des contributrices au livre Le sujet du féminisme est-il blanc? Luttes et savoirs actuels. Tome II, parut à l’automne 2025, ainsi que des invitées locales et internationales, ce colloque a pour objectif de rendre compte de l’actualité de travaux au croisement des études féministes, des théories décoloniales et des théories critiques sur la race. Séance 3 (de 4): Mouvements féministes Animation : Naïma Hamrouni (UQTR)
Personnes responsables : Eve-Marie Lampron (UQAM) et Fanny Bugnon (Université Rennes 2) Résumé du colloque : Dans la longue - et inachevée - marche vers la mise en récit et la diffusion d’une histoire des femmes et du genre, les approches biographiques ont permis à plusieurs (proto)féministes, du XVIIIe siècle à nos jours, de s’identifier à certaines figures, puis de joindre des luttes collectives à partir de cette prise de conscience (Lerner, 1993 ; Lampron, 2022). Rébecca Rogers rappelait d’ailleurs récemment l’importance des biographies dans l’écriture de l’histoire des féminismes (2025). Mais qu’en est-il pour l’enseignement ? Si les approches individuelles ont suscité plusieurs critiques chez les historiennes des féminismes et sont sources de défis (Alpern et al., 1992), elles offrent pourtant des potentialités d’attraction et de mobilisation des étudiant·es. En effet, l’entrée par la biographie et la prosopographie possèdent des vertus pour l’enseignement car, au-delà de l’incarnation qu’elles offrent comme dispositif pédagogique de formation, elles permettent également de mobiliser les étudiant·es pour ensuite « entrer en recherche » à partir de vies ordinaires ou plus connues. Encore faut-il voir qui mettre en avant en classe, dans quel contexte, avec quelles intentions pédagogiques et matériaux, sachant l’ampleur des angles morts (Pierre et Dumais, 2025). Ce colloque réunit des enseignant·es en histoire des féminismes, principalement en milieu universitaire, afin de se pencher collectivement sur la question des trajectoires individuelles convoquées (ou non) dans l’enseignement de l’histoire des féminismes. Cette proposition s'inscrit dans l'axe 3 « Ré(imaginer) les savoirs féministes » et vise à « penser et agir sur les différences de valorisation, de reconnaissance et de diffusion des savoirs" Séance 3 (de 4) : ARTICULER L’INDIVIDUEL ET LES COLLECTIFS : PROSOPOGRAPHIE ET TRAJECTOIRES FÉMINISTES Animation : Eve-Marie Lampron (UQAM)
La convergence des luttes : les contre-espaces de la COP30 à Belém (Brésil) est une exposition photographique qui explore, à partir du regard d’une jeune militante québécoise, le pouvoir politique des espaces qui se déploient en marge des instances officielles de négociation climatique. À travers une vingtaine de photographies et de courts textes réflexifs, la proposition met en lumière les manifestations, sommets populaires, actions de dénonciation et autres formes de rassemblements militants qui se constituent comme des contre-espaces face à la froideur technocratique de la COP30. Ces lieux, animés par des émotions militantes intenses - colère, indignation, urgence, empathie - deviennent des scènes privilégiées pour analyser la convergence des luttes climatiques, féministes et décoloniales, particulièrement dans une perspective francophone et transnationale. En s’ancrant dans l’axe « Réimaginer les luttes féministes », l’exposition interroge la manière dont la défense des territoires, la dénonciation des violences extractivistes et la contestation des exclusions structurelles des lieux de pouvoir s’entrecroisent avec les luttes contre le patriarcat et le colonialisme. Elle met en évidence le rôle des émotions comme force motrice des mobilisations, mais aussi comme vecteur de production de savoirs situés souvent marginalisés par les institutions. Installée dans les espaces communs du congrès, l’exposition se veut elle-même un contre-espace, accessible en circulation libre, qui prolonge les réflexions militantes hors des salles formelles et invite les personnes participantes à reconnaître la légitimité politique des affects dans les luttes contre l’oppression.
Responsables : Laurie Gagnon-Bouchard (UOttawa), Katherine Robitaille (ULaval), Leila Celis (UQAM) et Marie-Josée Massicotte (UOttawa) Résumé : Les femmes sont en première ligne des résistances face aux projets extractivistes, capitalistes et coloniaux. Qu’il s’agisse des Mères au front, des femmes atikamekw, kanien’kehá:ka et wet’suwet’en qui font blocage aux projets destructeurs du vivant, ou encore des agricultrices garantes de la subsistance, ces luttes prennent racine dans des territoires habités, vécus et pensés comme des espaces relationnels indissociables des êtres qui les composent. Ces espaces concrets sont à la fois ceux où s’exercent la dépossession et la destruction, et ceux pour lesquels s’organisent les résistances, la régénération et le care. Face à des systèmes d’oppression sexistes, coloniaux, capitalistes et extractivistes, les luttes féministes ancrées dans le(s) territoire(s) ouvrent des voies d’émancipation fondées sur le care, la subsistance, la collectivité et la réciprocité. Les pratiques d’opposition et de réparation réhabilitent d’autres manières de se relier aux territoires et au monde, et ce, malgré les contraintes imposées par ces mêmes systèmes d’oppression. En croisant les perspectives de la subsistance, des écoféminismes, des femmes et féminismes autochtones, des féminismes décoloniaux et critiques du développement, ce colloque permettra d’interroger les manières dont les blocages, les communs et l’autodétermination deviennent des praxis de soin capables d’interrompre les dynamiques oppressives et destructrices pour permettre le foisonnement du vivant. Les organisatrices invitent à explorer les enjeux, tensions et limites qui traversent les luttes territoriales ainsi que les résistances et solidarités dans la construction des communs. Elles invitent à penser collectivement aux gestes, alliances et récits qui défendent la possibilité même de la suite du monde. Séance 3 (de 7) : L’éthique du care et le dirty care comme pratiques de soin du territoire Animation : Katherine Robitaille (ULaval) Résumé de la séance : Ce panel explore les pratiques et éthiques féministes du care qui s’étendent au territoire pour en assurer la protection et le caractère vivable et habitable. Les mouvements pour la justice environnementale largement portés par des femmes se sont précisément engagés en raison du souci face aux atteintes à la santé collective, à celle des enfants et aux écosystèmes. L’importante présence des femmes dans ces mouvements contre la pollution et la destruction du vivant et leur usage du langage du soin pour parler de la protection des territoires et de leur communauté, a participé à les inscrire dans un discours façonné par une éthique du care. Par ailleurs, la mobilisation de la maternité et de la parentalité plus largement par les mouvements militants, comme Mères au front, a participé à la réappropriation de ces rôles comme des vecteurs de légitimité politique et éthique dans la défense de leurs communautés (Krauss, 2016; Barbeau-Lavalette et al., 2025). Pour Sandra Laugier (2015), ces pratiques de soin face à l’environnement relèvent d’une éthique du care centrée sur ce qui importe, c’est-à-dire la protection du vital et la reconnaissance de la vulnérabilité du monde commun. Afin de compléter cette lecture, le panel souhaite ouvrir également sur le dirty care, concept proposé par Elsa Dorlin (2017), qui permet de penser l’attention au territoire non seulement comme sollicitude et amour, mais aussi comme vigilance contrainte par la violence, la menace et l’injustice environnementale. Cette articulation entre care et dirty care permettra ainsi d’éclairer la pluralité et le continuum des pratiques féministes de soin du territoire et de l’environnement, de la réparation à la résistance.
Personnes responsables : Maude Dionne (Université Laval), Catherine Rossi (Université Laval) et Geneviève Lessard (Université Laval) Résumé du colloque : Nous vous proposons un colloque d’une journée sur la grande thématique de la violence en conjuguant l’héritage des luttes féministes et les enjeux actuels. Par une programmation riche et interdisciplinaire, ce colloque mettra en valeur les recherches de nos membres, tant de la relève étudiante, que du corps professoral. Ces recherches favorisent le changement social, afin de promouvoir des pratiques favorisant la justice sociale et des rapports plus égalitaires ainsi que l’amélioration des politiques publiques. Les propositions de communication scientifique, réparties dans quatre blocs thématiques, marient les axes thématiques 2 ((Ré)imaginer les luttes féministes) et 3 (Savoirs féministes). Séance 3 (de 4) : La recherche création et les perspectives féministes
Responsables : Caroline Caron (UQO), Lena A. Hübner (Université d'Ottawa), Camille Nicol (UQAM) Résumé : Cette rencontre scientifique d’une journée réunit des communications du Groupe de travail sur les « Enjeux féministes du numérique », récemment formé au sein du Réseau québécois en études féministes. Elle a pour but de favoriser les échanges au sein du groupe et auprès d’un auditoire international. Les communications vont adopter une approche féministe dans leur analyse d’enjeux sociétaux concernant le numérique, qui comprend les activités en ligne, mais aussi les infrastructures de l’Internet (serveurs, technologies mobiles, ordinateurs et écrans), les logiciels, applications, plateformes et dispositifs d’intelligence artificielle (tout ce qui relève du software), ainsi que les données (data) et le capitalisme de plateforme. Les communications s’appuieront sur des travaux de recherche et pourront examiner, par exemple, les dimensions individuelles et collectives des pratiques numériques et de l’engagement féministe, ou encore les inégalités de genre inscrites dans les transformations du travail et des activités humaines en lien avec le numérique. De même, les impacts sociaux et politiques découlant de la prolifération des systèmes d’intelligence artificielle sur la vie personnelle, professionnelle et collective des femmes pourront être examinés. Comment les inégalités sociales et économiques, les violences sexuelles et sexistes, de même que les mouvements misogynes se (ré)articulent-ils dans les environnements numériques? Comment, aussi, les résistances et les solidarités féministes s’y déploient-elles? Ce colloque a pour ambition de poser quelques jalons permettant de poser un diagnostic quant aux opportunités et aux défis posés aux solidarités féministes locales et internationales, particulièrement dans la francophonie. Séance 3 (de 4) : Pratiques numériques et luttes féministes Animation : Lena A. Hübner, professeure, Département de communication, Université d’Ottawa
Responsable : Maria Nengeh Mensah (UQAM) Résumé : Ce colloque vise à mettre en commun les résultats d’une recherche inédite sur l’expérience sociale des toilettes publiques à Montréal et à débattre collectivement sur les questions sociopolitiques et les luttes féministes qui s’en dégagent. Il s’agit de réfléchir sur l’accès, l'usage, l’aménagement et la gestion des toilettes à partir d’une compréhension critique des systèmes d’oppression et de privilège qui transforment l’expérience des personnes en une situation d'exclusion sociale, menant à la déshumanisation notamment des femmes, des personnes trans et des personnes en situation d’itinérance. Simultanément, il s’agit d’explorer comment, en pratique, les toilettes publiques peuvent être mises au service de la déconstruction des inégalités et de l’injustice. D’un point de vue interdisciplinaire, académique et militant, les conférences répondront aux questions suivantes : Quels défis et enjeux d’accès aux toilettes interpellent les luttes féministes et queer contemporaines? Quelles propositions théoriques permettent de réimaginer les toilettes publiques en recentrant les savoirs autour des diverses expériences situées et en problématisant le statu quo inégalitaire? Quelles méthodologies de recherche et d’intervention peuvent s’allier pour améliorer les conditions d’accès aux toilettes publiques des femmes, des personnes de diverses identités de genre et de celles issues de groupes historiquement et socialement marginalisés? Et, Quelles sont les stratégies d’inclusion qui confrontent les systèmes en place, rapports de pouvoir et de violences, auxquels font face les femmes, les personnes de la diversité sexuelle et la pluralité de genre, les personnes racisées, en situation de handicap et celles qui évoluent à l’intersection de divers systèmes d’oppression? Séance 3 (de 4) : Méthodologies Animation : Jade Bourdages, professeure, École de travail social, UQAM
Responsable : Fatoumata Bernadette Sonko (CESTI-UCAD) Résumé : La marginalisation des femmes dans les structures de production et de validation des savoirs se perpétue depuis la «déterritorialisation» occasionnée par l’arrivée des religions du Livre et de la colonisation. Dans les sociétés négro-africaines aux logiques matriarcales (Cheikh Anta Diop,1959), les femmes étaient au centre des instances du pouvoir politique, social, religieux, tant dans l’espace familial que communautaire. Sa déstructuration par le système colonial s’est faite avec la reproduction des logiques de domination prévalant dans les métropoles. L’idéologie patriarcale a servi de pivot à la politique coloniale, mais aussi aux structures religieuses, pour s’arroger les instances de légitimation du savoir et perpétuer un discours dominant. Cette logique se reproduit au-delà de l’espace colonial avec la validation du « contrat social sénégalais » (Donal Cruise O’Brien, 2002). Depuis, se poursuit ce processus reléguant les femmes dans la catégorie des « cadets sociaux » avec la construction d’une sémantique (académique, politique, économique…) et d’une posture subalterne (Spivak, 2009) les confinant dans le silence et l’invisibilité. Notre travail se concentre sur le champ médiatique, un des miroirs de la société, pour montrer comment les sénégalaises sont écartées des institutions du pouvoir et du savoir. Aussi, pensons-nous qu’une combinaison de facteurs complexes, renforcés par la socialisation différenciée, l’exclusion de l’histoire, des instances de validation du savoir, est subtilement tissée pour perpétuer leur représentation minorée dans l’imaginaire collectif. Notre recherche s’appuie sur un croisement des Études postcoloniales et décoloniales pour illustrer comment se construit le narratif de ces mécanismes de domination. Séance 3 (de 4)
Responsables : Célia Romulus (Université d’Ottawa), Danièle Magloire (Kay Fanm /Maison des femmes) et Sabine Lamour (Université d’État d’Haiti/ Université Ottawa) Résumé : Dans la continuité des réflexions initiées entre chercheuses et militantes féministes de la Caraïbe francophone lors de la première Conférence internationale interdisciplinaire de recherche sur le genre (CIRGG) tenue à Port-au-Prince (Haïti) en 2016, puis au CIRFF de 2018 à Paris-Nanterre, ce colloque propose d’explorer les expériences, luttes et stratégies déployées par les femmes, les minorités de genre et les collectifs féministes de la Caraïbe francophone. L’objectif est de rassembler des travaux portant sur les féminités et masculinités, les mobilisations féministes, les stratégies de résistance et les pratiques de souveraineté déployées dans les espaces sociaux, politiques et symboliques caribéens. Ancré dans une démarche critique, militante et décoloniale, ce colloque vise à contribuer à la production de savoirs situés capables de déjouer les narrations dominantes qui invisibilisent ou dépossèdent les sujets caribéens de leur agentivité. Les communications attendues pourront porter, sans s’y limiter, sur les axes suivants Séance 3 (de 6) : Gouvernance, droits des femmes dans les Caraïbes Animation : Célia Romulus, Université d’Ottawa.
Responsables : Line Chamberland (INRS,UQAM), Juliette Munoz (UQAM), Ambre Marionneau (INRS) Résumé : Dans un contexte où la reconnaissance des Études lesbiennes demeure limitée dans les institutions francophones, le Réseau d’Études et d’Expression Lesbienne (RÉEL) rassemble des chercheur.euses francophones de plusieurs continents dans un objectif de visibilisation et de légitimation de leur travail. Ainsi, dans l’esprit de la 9ème édition du CIRFF, il propose un colloque interdisciplinaire et transgénérationnel dédié aux savoirs et aux recherches lesbiennes, au croisement des trois axes du congrès, avec un rattachement privilégié à l’axe « Savoirs ». Les contributions confirmées à ce jour sont regroupées en 7 panels : Jour 1 : la circulation des savoirs lesbiens, les spatialités lesbiennes, les enjeux éthiques et méthodologiques de la recherche et l’actualité éditoriale lesbienne francophone; Jour 2 : les archives lesbiennes, leurs usages et les enjeux de conservation et de circulation des mémoires. S’y ajoute l’exposition des Archives lesbiennes du Québec intitulée « Pour que nos mémoires vivent ! ». Sur une durée de 4 demi-journées, il réunira plus d’une vingtaine de participantes (17 en présentiel, 6 en ligne ou en présentiel à confirmer), d’origines culturelles diverses, issues de milieux académiques, militants, communautaires ou culturels. L’objectif de ces journées est d’interroger la construction des savoirs relatifs aux vies lesbiennes, leurs cultures, leurs formes de résistance et leurs mémoires, des savoirs souvent marginalisés dans les milieux académiques francophones. Elles s’adressent à tous les publics portant un intérêt aux études et savoirs lesbiens et visent à faire connaître le réseau émergent du RÉEL, un réseau en pleine construction. Séance 3 (de 7) : Positionnalités lesbiennes et lesboqueers : tensions, espaces et épistémologies situées Animation : Mathilde Plard (CNRS)
Responsables : Sophie Parent (Université Laval), Megan Blanche (Université Laval), Milaine Alarie (Institut national de la recherche scientifique) Résumé : Depuis quelques décennies, nous assistons à une diversification des modèles conjugaux et familiaux en contexte occidental. Différentes configurations ont émergé, comme les familles recomposées, homo/lesboparentales, pluriparentales et choisies. On constate aussi une augmentation du nombre de couples non-cohabitants et une hausse de l’intérêt pour la non-monogamie consensuelle, ébranlant la représentation culturelle de la famille nucléaire. Cette pluralisation ne peut être expliquée sans reconnaître l’influence des luttes féministes et queers contemporaines, qui ont mené à plusieurs changements significatifs sur les plans juridique, culturel et social (ex: contraception, avortement, mariage entre personnes de même sexe, etc.), ces changements élargissent ainsi le champ des possibles quant aux manières de vivre l’intimité et de faire famille. Ces évolutions soulèvent toutefois certaines questions : Comment ces modèles conjugaux ou familiaux émergeants permettent-ils de résister aux normes genrées et/ou à l’hétéronormativité ? Comment s’y articulent les (re)négociations des rôles de genre ? Jusqu’à quel point ces innovations relationnelles et familiales constituent-elles des pratiques de résistance féministe, et dans quelle mesure reconduisent-elles, possiblement sous de nouvelles formes, certains rapports de pouvoir ou normes existantes ? Ce colloque propose d’explorer ces enjeux à travers des perspectives académiques et communautaires. Les communications porteront sur les façons de repenser le couple et la famille au-delà des normes en abordant notamment: (1) les réalités des familles queers et transparentales, (2) les diverses trajectoires pour « faire famille », (3) la remise en question des normes monogames et biparentales, ainsi que (4) les défis légaux associés à ces configurations émergentes. Séance 3 (de 4) : Faire couple ou famille à plusieurs Mot d'ouverture : MP Boisvert, de la Coalition des familles LGBT+
Responsables : Dylan Racana (Université Lyon 2) et Isabelle Collet (Université de Genève) Résumé : L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) peut être appréhendée comme un dispositif de socialisation au sein duquel se co-produisent savoirs, normes et rapports de pouvoir. Loin de relever d’une simple transmission d’informations, elle participe à la régulation des corps, des subjectivités et des relations sociales, en articulant prescriptions institutionnelles, attentes morales et expériences situées des publics concernés. Dans un contexte marqué à la fois par la montée des controverses autour du genre, des injonctions contradictoires faites aux institutions éducatives et la persistance des violences sexistes et sexuelles, l’EVARS constitue un observatoire privilégié des tensions contemporaines entre émancipation, contrôle et responsabilisation. Ce symposium propose d’interroger l’EVARS à partir d’une perspective critique, attentive aux dynamiques genrées et aux rapports sociaux qui structurent sa mise en œuvre. Les communications sont regroupées autour de quatre ensembles. • Le premier examine l’EVARS comme espace de production et de négociation des normes sexuelles dans les trajectoires scolaires et universitaires, en analysant les expériences ordinaires du consentement, des corps et des interactions. • Le deuxième déplace l’analyse vers des espaces éducatifs périphériques à l’école, afin d’envisager l’EVARS comme un champ élargi de production discursive, où se rejouent des frontières symboliques entre savoir légitime, culture, moralité et sexualité. • Le troisième ensemble s’intéresse aux acteur·ices professionnel·les et aux cadres institutionnels, en considérant l’EVARS comme une politique publique faiblement stabilisée. • Le dernier regroupement analyse l’EVARS comme un lieu de conflictualité, où s’exercent des formes de contrôle social, de résistance et de responsabilisation sexuée. Séance 3 (de 4) : Contrôler, contester, responsabiliser : les dynamiques genrées dans le cadre de l’éducation à la sexualité Animation : Dylan Racana (Université Lyon 2) et Isabelle Collet (Université de Genève)
Personnes responsables : Margaux Nève (École des hautes études en sciences sociales - EHESS) et Stéphanie Pache (Université du Québec à Montréal) Résumé du colloque : La manière dont la santé s’organise, dont elle est inégalement distribuée, ainsi que dont elle façonne et est façonnée par le genre invite à interroger les rapports de pouvoir qui la traversent ainsi que les luttes féministes dont elle est l’objet. Ce colloque propose d’analyser le pouvoir en santé à partir d’un dialogue structuré autour de trois enjeux centraux de la recherche féministe francophone actuelle. Un premier axe porte sur les politiques de santé et les luttes féministes qu’elles engendrent, y compris la question de l’ « autosanté », un deuxième analyse les effets du genre sur les pratiques et expériences de santé, et un troisième se concentre sur les rapports de genre dans la formation et la carrière médicales. Ce colloque est l’occasion d’aborder des objets de santé émergents et peu étudiés, comme l’endométriose ou les menstruations, et de revisiter des thématiques classiques des recherches et des luttes féministes, comme l’auto-soin et l’accouchement. Il s’attachera à mettre en lumière la pluralité des ancrages des luttes et la manière dont les rapports de pouvoir en santé varient selon les populations, les périodes historiques et les contextes géographiques dans lesquels ils s’inscrivent. Les terrains de recherche sont situés au Québec, en France, en Inde et en Suisse. Mobilisés de manière comparative, ils permettent collectivement de montrer à la fois les différences et les convergences des luttes. Ce colloque veut offrir un espace d’échanges pour la recherche francophone en vue de construire un dialogue informé sur les luttes et enjeux féministes en santé. Séance 3 (de 4) : Incorporation et production du genre par et dans le corps médical
Présidence de séance : Jade St-George (Université Laval)
Présidence de séance : Julie Ouellet, PhD sage-femme et chercheuse postdoctorale à la Chaire de recherche en sociologie du travail et des organisations de santé, membre de l’Équipe réseau proximité et de VITAM - Centre de recherche en santé durable
Responsables : Laurence Ouellet-Boivin (Université Laval), Isabelle Auclair (Université Laval) et Marie Robichaud-Gravel (Université Laval) Résumé : Le colloque « Regards sur les méthodologies féministes » propose une réflexion collective sur les méthodologies féministes comme pratiques situées, critiques et transformatrices, dans un contexte politique, social et environnemental marqué par des rapports de pouvoir persistants et des régressions démocratiques. Ancré dans les épistémologies féministes, le colloque interroge la production des savoirs dominants, leurs angles morts et les violences épistémiques qu’ils reconduisent, tout en mettant en lumière le potentiel émancipateur des méthodologies féministes. Sur deux journées, les échanges porteront sur les conditions sociales, historiques et politiques des méthodes de recherche, leur capacité à reproduire ou à contester les rapports de domination, ainsi que sur les tensions internes aux féminismes, notamment liées à la colonialité, aux hiérarchies linguistiques et disciplinaires et aux dynamiques de blanchiment des savoirs. En dialogue avec la francophonie, le colloque reconnaît celle-ci à la fois comme espace de solidarité et comme lieu traversé de contradictions et de violences épistémiques. La programmation alterne panels, ateliers participatifs, cercles de discussion et activités créatives autour de thématiques clés : justice épistémique, écriture scientifique féministe, réflexivité sur les pratiques de recherche, méthodologies créatives et sensorielles, approches pluriverselles, décoloniales et intersectionnelles, ainsi que coconstruction et méthodologies participatives. Une attention particulière est portée aux savoirs issus des Suds, aux ancrages communautaires et militants, et aux formes alternatives de production et de partage des connaissances. Pensé selon une modalité hybride, le colloque vise à favoriser l’accessibilité, à interroger les pratiques académiques de déplacement et à investir l’espace virtuel comme lieu de résistance féministe. Séance 3 (de 4) : Réimaginer l’écriture scientifique au regard des perspectives féministes
Présidence de séance : Sastal
Responsables : Responsables : Laurine Omnès (UQAM; Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Bénédicte Gattère (ULiege; Paris 8) et Valentine Bailly (Université Laval; Université Côte d'Azur) Résumé : Ce colloque propose de réunir des étudiant.e.s, des doctorant.e.s et jeunes chercheur.se.s de disciplines diverses, afin de discuter de l’actualité des théories et pratiques écoféministes, et principalement de leur richesse pour (re) penser les enjeux politiques, les luttes, et les méthodologies des travaux de recherche en sciences humaines et sociales. Ce colloque est aussi l’occasion de revenir sur la reconnaissance académique des théoriciennes et théories écoféministes, l’institutionnalisation dont elles font l’objet (Cook, 1998), de manière plus ou moins discrète, les dialogues possibles avec les espaces militants, et la place qui est donnée - ou qui reste à prendre - aujourd’hui pour les personnes qui s’en réclament. Séance 3 (de 4) : Diversité et créativité méthodologique Animation : Laurie Gagnon-Bouchard (Université d’Ottawa)
Responsables : Valérie Irtanucci-Douillard (UQAM), Anne Létourneau (UdeM) et Laura Kassar (UdeM), membres du chantier « Religions, Féminismes et Genres » du RéQEF Résumé : Le colloque vise à explorer la dynamique bidirectionnelle dans la production et la circulation des savoirs entre études de genre et études du religieux. Nous souhaitons réfléchir à la manière dont les sciences des religions, la théologie féministe et les études du spirituel - souvent reléguées à la marge du champ féministe - peuvent contribuer à renouveler, complexifier et pluraliser les modèles conceptuels mobilisés dans les théories féministes contemporaines. Cette réflexion suppose d’interroger les conditions de possibilité d’un véritable dialogue interdisciplinaire entre ces domaines, dialogue qui engage à repenser les frontières épistémiques héritées entre raison et foi, entre critique et engagement, entre matérialité et transcendance. Au-delà d’un simple exercice de traduction entre champs, il s’agit de se demander comment les savoirs issus de la pratique croyante, de la théologie critique et des expériences spirituelles situées peuvent déplacer des notions-clés telles que l’autonomie, l'agentivité, la corporéité, la croyance ou la subjectivité, en en révélant les fondements pluriels. Dans cette perspective, le colloque se propose d’identifier et de mettre en discussion les tensions productives ainsi que les reconfigurations conceptuelles que ce dialogue rend possibles. À travers la confrontation de perspectives issues de la théologie féministe, des sciences des religions et des études de genre, le colloque cherchera à articuler les apports de la pensée féministe du religieux aux théories intersectionnelles, afin de montrer comment une prise en compte renouvelée du « fait religieux » peut ouvrir de nouvelles voies pour penser l’agentivité, la subjectivation et la résistance à partir d’ancrages à la fois spirituels, culturels et politiques. Séance 3 (de 8) : Repenser les subjectivités féminines et croyantes
La convergence des luttes : les contre-espaces de la COP30 à Belém (Brésil) est une exposition photographique qui explore, à partir du regard d’une jeune militante québécoise, le pouvoir politique des espaces qui se déploient en marge des instances officielles de négociation climatique. À travers une vingtaine de photographies et de courts textes réflexifs, la proposition met en lumière les manifestations, sommets populaires, actions de dénonciation et autres formes de rassemblements militants qui se constituent comme des contre-espaces face à la froideur technocratique de la COP30. Ces lieux, animés par des émotions militantes intenses - colère, indignation, urgence, empathie - deviennent des scènes privilégiées pour analyser la convergence des luttes climatiques, féministes et décoloniales, particulièrement dans une perspective francophone et transnationale. En s’ancrant dans l’axe « Réimaginer les luttes féministes », l’exposition interroge la manière dont la défense des territoires, la dénonciation des violences extractivistes et la contestation des exclusions structurelles des lieux de pouvoir s’entrecroisent avec les luttes contre le patriarcat et le colonialisme. Elle met en évidence le rôle des émotions comme force motrice des mobilisations, mais aussi comme vecteur de production de savoirs situés souvent marginalisés par les institutions. Installée dans les espaces communs du congrès, l’exposition se veut elle-même un contre-espace, accessible en circulation libre, qui prolonge les réflexions militantes hors des salles formelles et invite les personnes participantes à reconnaître la légitimité politique des affects dans les luttes contre l’oppression.
Responsables : Responsables : Laurine Omnès (UQAM; Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Bénédicte Gattère (ULiege; Paris 8) et Valentine Bailly (Université Laval; Université Côte d'Azur) Résumé : Ce colloque propose de réunir des étudiant.e.s, des doctorant.e.s et jeunes chercheur.se.s de disciplines diverses, afin de discuter de l’actualité des théories et pratiques écoféministes, et principalement de leur richesse pour (re) penser les enjeux politiques, les luttes, et les méthodologies des travaux de recherche en sciences humaines et sociales. Ce colloque est aussi l’occasion de revenir sur la reconnaissance académique des théoriciennes et théories écoféministes, l’institutionnalisation dont elles font l’objet (Cook, 1998), de manière plus ou moins discrète, les dialogues possibles avec les espaces militants, et la place qui est donnée - ou qui reste à prendre - aujourd’hui pour les personnes qui s’en réclament. Séance 4 (de 4) : Réactualiser les savoirs Animation : Bénédicte Gattère (Université de Liège ; Université Paris 8 Vincennes)
Responsables : Amélie Bureau (Université du Québec à Rimouski), Sophie Parent (Université Laval), Megan Blanche (Université Laval), Milaine Alarie (Institut national de la recherche scientifique) Résumé : Depuis quelques décennies, nous assistons à une diversification des modèles conjugaux et familiaux en contexte occidental. Différentes configurations ont émergé, comme les familles recomposées, homo/lesboparentales, pluriparentales et choisies. On constate aussi une augmentation du nombre de couples non-cohabitants et une hausse de l’intérêt pour la non-monogamie consensuelle, ébranlant la représentation culturelle de la famille nucléaire. Cette pluralisation ne peut être expliquée sans reconnaître l’influence des luttes féministes et queers contemporaines, qui ont mené à plusieurs changements significatifs sur les plans juridique, culturel et social (ex: contraception, avortement, mariage entre personnes de même sexe, etc.), ces changements élargissent ainsi le champ des possibles quant aux manières de vivre l’intimité et de faire famille. Ces évolutions soulèvent toutefois certaines questions : Comment ces modèles conjugaux ou familiaux émergeants permettent-ils de résister aux normes genrées et/ou à l’hétéronormativité ? Comment s’y articulent les (re)négociations des rôles de genre ? Jusqu’à quel point ces innovations relationnelles et familiales constituent-elles des pratiques de résistance féministe, et dans quelle mesure reconduisent-elles, possiblement sous de nouvelles formes, certains rapports de pouvoir ou normes existantes ? Ce colloque propose d’explorer ces enjeux à travers des perspectives académiques et communautaires. Les communications porteront sur les façons de repenser le couple et la famille au-delà des normes en abordant notamment: (1) les réalités des familles queers et transparentales, (2) les diverses trajectoires pour « faire famille », (3) la remise en question des normes monogames et biparentales, ainsi que (4) les défis légaux associés à ces configurations émergentes. Séance 4 (de 4) : Perspectives et enjeux légaux
Responsables : Laurence Ouellet-Boivin (Université Laval), Isabelle Auclair (Université Laval) et Marie Robichaud-Gravel (Université Laval) Résumé : Le colloque « Regards sur les méthodologies féministes » propose une réflexion collective sur les méthodologies féministes comme pratiques situées, critiques et transformatrices, dans un contexte politique, social et environnemental marqué par des rapports de pouvoir persistants et des régressions démocratiques. Ancré dans les épistémologies féministes, le colloque interroge la production des savoirs dominants, leurs angles morts et les violences épistémiques qu’ils reconduisent, tout en mettant en lumière le potentiel émancipateur des méthodologies féministes. Sur deux journées, les échanges porteront sur les conditions sociales, historiques et politiques des méthodes de recherche, leur capacité à reproduire ou à contester les rapports de domination, ainsi que sur les tensions internes aux féminismes, notamment liées à la colonialité, aux hiérarchies linguistiques et disciplinaires et aux dynamiques de blanchiment des savoirs. En dialogue avec la francophonie, le colloque reconnaît celle-ci à la fois comme espace de solidarité et comme lieu traversé de contradictions et de violences épistémiques. La programmation alterne panels, ateliers participatifs, cercles de discussion et activités créatives autour de thématiques clés : justice épistémique, écriture scientifique féministe, réflexivité sur les pratiques de recherche, méthodologies créatives et sensorielles, approches pluriverselles, décoloniales et intersectionnelles, ainsi que coconstruction et méthodologies participatives. Une attention particulière est portée aux savoirs issus des Suds, aux ancrages communautaires et militants, et aux formes alternatives de production et de partage des connaissances. Pensé selon une modalité hybride, le colloque vise à favoriser l’accessibilité, à interroger les pratiques académiques de déplacement et à investir l’espace virtuel comme lieu de résistance féministe. Séance 4 (de 4) : Cercle de discussion - Apprendre de nos expériences : réflexions et partages sur les méthodologies féministes
Responsables : Stéphanie Proulx (Université de Sherbrooke) et Lucile Mulat (Université de Toronto) Résumé : Intimement lié à l’histoire des normes sexuelles, des rôles de genre et de la filiation, le couple occupe une place centrale dans l’imaginaire social occidental. Or, les récits contemporains, qu'ils littéraires, cinématographiques, télévisuels, médiatiques ou numériques, montrent un paradoxe frappant : alors que le couple apparaît en crise (augmentation du célibat, multiplication des divorces, montée en visibilité des féminicides souvent perpétrés par un conjoint ou un ex-conjoint), il demeure envisagé comme horizon privilégié du bonheur et de l’accomplissement individuel. Des romances de Noël à la téléréalité sentimentale (Love is Blind, L’amour est dans le pré…), les dispositifs narratifs reconduisent les promesses du duo conjugal, tout en rendant visibles les tensions qui le menacent. Ce colloque propose d’interroger la manière dont les récits contemporains réinventent, critiquent ou fragilisent le modèle hétéro-conjugal traditionnel. Il s’agira d’observer comment ils intègrent des perspectives féministes ou queer, en questionnant la possibilité de « faire couple » autrement : que faut-il transformer pour concilier amour, égalité et autonomie ? Quels ajustements le couple requiert-il pour devenir un espace non violent, notamment pour les femmes ? Les récits contemporains ouvrent également la voie à des alternatives - polyamour, célibat choisi, amitiés structurantes - qui décentrent la conjugalité au profit d’autres formes de liens. À travers ces enjeux, le colloque vise à penser le couple non comme évidence, mais comme construction politique, imaginaire et narrative, et à examiner comment les récits actuels participent à sa perpétuation, à sa réinvention ou à sa dissolution. Séance 4 (de 4) : Séance plénière La séance de clôture prendra la forme d’une discussion plénière consacrée aux questions restées en suspens au fil des communications. Ce moment d’échange collectif permettra de revenir sur les enjeux transversaux du colloque, d’ouvrir la réflexion vers des objets moins abordés et de faire dialoguer des perspectives issues de différents champs disciplinaires.
Responsables : Caroline Caron (UQO), Lena A. Hübner (Université d'Ottawa), Camille Nicol (UQAM) Résumé : Cette rencontre scientifique d’une journée réunit des communications du Groupe de travail sur les « Enjeux féministes du numérique », récemment formé au sein du Réseau québécois en études féministes. Elle a pour but de favoriser les échanges au sein du groupe et auprès d’un auditoire international. Les communications vont adopter une approche féministe dans leur analyse d’enjeux sociétaux concernant le numérique, qui comprend les activités en ligne, mais aussi les infrastructures de l’Internet (serveurs, technologies mobiles, ordinateurs et écrans), les logiciels, applications, plateformes et dispositifs d’intelligence artificielle (tout ce qui relève du software), ainsi que les données (data) et le capitalisme de plateforme. Les communications s’appuieront sur des travaux de recherche et pourront examiner, par exemple, les dimensions individuelles et collectives des pratiques numériques et de l’engagement féministe, ou encore les inégalités de genre inscrites dans les transformations du travail et des activités humaines en lien avec le numérique. De même, les impacts sociaux et politiques découlant de la prolifération des systèmes d’intelligence artificielle sur la vie personnelle, professionnelle et collective des femmes pourront être examinés. Comment les inégalités sociales et économiques, les violences sexuelles et sexistes, de même que les mouvements misogynes se (ré)articulent-ils dans les environnements numériques? Comment, aussi, les résistances et les solidarités féministes s’y déploient-elles? Ce colloque a pour ambition de poser quelques jalons permettant de poser un diagnostic quant aux opportunités et aux défis posés aux solidarités féministes locales et internationales, particulièrement dans la francophonie. Séance 4 (de 4) : Solidarités et résistances dans les contre-publics féministes Animation : Camille Nicol, Université du Québec à Montréal
Responsables : Dylan Racana (Université Lyon 2) et Isabelle Collet (Université de Genève) Résumé : L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) peut être appréhendée comme un dispositif de socialisation au sein duquel se co-produisent savoirs, normes et rapports de pouvoir. Loin de relever d’une simple transmission d’informations, elle participe à la régulation des corps, des subjectivités et des relations sociales, en articulant prescriptions institutionnelles, attentes morales et expériences situées des publics concernés. Dans un contexte marqué à la fois par la montée des controverses autour du genre, des injonctions contradictoires faites aux institutions éducatives et la persistance des violences sexistes et sexuelles, l’EVARS constitue un observatoire privilégié des tensions contemporaines entre émancipation, contrôle et responsabilisation. Ce symposium propose d’interroger l’EVARS à partir d’une perspective critique, attentive aux dynamiques genrées et aux rapports sociaux qui structurent sa mise en œuvre. Les communications sont regroupées autour de quatre ensembles. • Le premier examine l’EVARS comme espace de production et de négociation des normes sexuelles dans les trajectoires scolaires et universitaires, en analysant les expériences ordinaires du consentement, des corps et des interactions. • Le deuxième déplace l’analyse vers des espaces éducatifs périphériques à l’école, afin d’envisager l’EVARS comme un champ élargi de production discursive, où se rejouent des frontières symboliques entre savoir légitime, culture, moralité et sexualité. • Le troisième ensemble s’intéresse aux acteur·ices professionnel·les et aux cadres institutionnels, en considérant l’EVARS comme une politique publique faiblement stabilisée. • Le dernier regroupement analyse l’EVARS comme un lieu de conflictualité, où s’exercent des formes de contrôle social, de résistance et de responsabilisation sexuée. Séance 4 (de 4) : Entre rapports de pouvoir et expériences quotidiennes : penser l’éducation à la sexualité au secondaire et à l’université Animation : Dylan Racana (Université Lyon 2) et Isabelle Collet (Université de Genève)
Les présentations par affiches offrent l'occasion de découvrir, tout au long de la journée, des résultats de projets de recherches universitaires ou communautaires. Les affiches seront exposées en continu et les personnes présentatrices seront présentes entre X h et X h pour discuter de leur démarche, répondre aux questions et échanger avec les participant·e·s.
Responsable : Maria Nengeh Mensah (UQAM) Résumé : Ce colloque vise à mettre en commun les résultats d’une recherche inédite sur l’expérience sociale des toilettes publiques à Montréal et à débattre collectivement sur les questions sociopolitiques et les luttes féministes qui s’en dégagent. Il s’agit de réfléchir sur l’accès, l'usage, l’aménagement et la gestion des toilettes à partir d’une compréhension critique des systèmes d’oppression et de privilège qui transforment l’expérience des personnes en une situation d'exclusion sociale, menant à la déshumanisation notamment des femmes, des personnes trans et des personnes en situation d’itinérance. Simultanément, il s’agit d’explorer comment, en pratique, les toilettes publiques peuvent être mises au service de la déconstruction des inégalités et de l’injustice. D’un point de vue interdisciplinaire, académique et militant, les conférences répondront aux questions suivantes : Quels défis et enjeux d’accès aux toilettes interpellent les luttes féministes et queer contemporaines? Quelles propositions théoriques permettent de réimaginer les toilettes publiques en recentrant les savoirs autour des diverses expériences situées et en problématisant le statu quo inégalitaire? Quelles méthodologies de recherche et d’intervention peuvent s’allier pour améliorer les conditions d’accès aux toilettes publiques des femmes, des personnes de diverses identités de genre et de celles issues de groupes historiquement et socialement marginalisés? Et, Quelles sont les stratégies d’inclusion qui confrontent les systèmes en place, rapports de pouvoir et de violences, auxquels font face les femmes, les personnes de la diversité sexuelle et la pluralité de genre, les personnes racisées, en situation de handicap et celles qui évoluent à l’intersection de divers systèmes d’oppression? Séance 4 (de 4) : Stratégies d'inclusion Animation : Maria Nengeh Mensah, professeure, École de travail social, UQAM
Présidence de séance : Julie Ouellet, PhD sage-femme et chercheuse postdoctorale à la Chaire de recherche en sociologie du travail et des organisations de santé, membre de l’Équipe réseau proximité et de VITAM - Centre de recherche en santé durable
Présidence de séance : Véronique Chetmi Eyali
Personnes responsables : Catherine Rousseau (Université Laval), Carole Boulebsol (Université du Québec en Outaouais) et Sylvie Lévesque (Université du Québec à Montréal) Résumé du colloque : Ce colloque international et interdisciplinaire interroge les façons de concevoir, mener et diffuser des recherches sur la santé reproductive à partir de méthodologies féministes innovantes - participatives, créatives ou alternatives. Il s’intéresse aux violences reproductives et à leurs effets sur l’exercice des droits reproductifs, en mettant de l’avant des projets de recherche et de recherche-création qui transforment à la fois les pratiques de collecte de données et les modes de circulation des savoirs féministes. L’espace proposé invite les participant·es à se décentrer des résultats pour mettre l’accent sur leurs stratégies méthodologiques (entrevues sensibles, dispositifs expérimentaux, autoethnographie, photovoix) et leurs choix de diffusion (théâtre documentaire, expositions, bandes dessinées, ateliers participatifs). Une attention particulière sera portée aux postures épistémologiques, aux éthiques relationnelles, aux rapports de pouvoir et aux enjeux de justice épistémique, d’(in)visibilisation et de circulation des savoirs marginalisés. Inscrit dans l’axe 3 de l’appel du CIRFF, ce colloque propose de (ré)imaginer la production, la légitimation et la diffusion des savoirs féministes sur les violences reproductives, en poursuivant trois objectifs : rendre visibles des approches méthodologiques féministes innovantes, explorer des formes de diffusion alternatives et réfléchir aux postures, affects, positionnalités et pratiques de réflexivité. Structuré selon ces trois blocs thématiques, il se déroulera sur une journée et demie, comprendra six séances orales, une session d’affiches et un atelier créatif, et rassemblera 15 à 20 intervenant·es de divers statuts (professeures, chercheuses, étudiant·es, professionnel·les des milieux artistiques, de l’intervention et des médias). Séance 3 : Réfléchir aux postures, à la positionalité, aux affects et à la réflexivité dans les recherches et la création portant sur les violences reproductives
Responsables : Émilie Gervais (Université Laval), Florence Pasche Guignard (Université Laval), Marie-Christine Brault (Université Laval), Marie-Josée Saint-Pierre (Université Laval), Laura Lafrance (UQAM), Marie Janot-Caminade (Institut des Sciences Sociales du Politique), Zoé Grumberg (Université d’Angers), Alice Lacoue-Labarthe (Université Grenoble Alpes) Résumé : Ce colloque en collaboration internationale (France/Québec) examine et réimagine les maternités « académiques » (universités, hautes-écoles, cégeps, institutions supérieures de recherche et formation) à partir de perspectives féministes. Il intègre une approche en recherche-création impliquant une participation active dans chacun des volets qui le composent. Le but de ce colloque est de réfléchir à la place de la maternité à l’université non seulement en tant qu’objet d’étude, mais aussi comme une expérience vécue, avec des impacts sur le déroulement des études, le travail de recherche et d’enseignement, les contenus des cours et les postures de chacun·e à l’université. Nous soulignerons la nature réciproque de cette influence : comment un milieu universitaire (ou plus généralement académique) affecte l’expérience des mères en son sein, et comment ces mères, en retour, transforment ce milieu en tant qu’espace d’étude, de travail et de recherche. Nous explorerons comment, dans le cadre exigeant de l’université, se vit, se dit et se pense la maternité : comme désir, projet, possibilité, expérience en cours, ou comme choix ou contrainte de ne pas y entrer. Le colloque débutera avec des conférences amenant des éléments théoriques et épistémologiques (volet 1). Ensuite des espaces structurés et libres (volets 2 et 3) permettront le partage d’expériences sur la maternité en contextes académiques et l’exploration de résistances et d’actions concrètes (volet 4). Une bibliographie de recherche, avec possibilité de rétroaction sera partagée (volet 5) et finalement, l’activité de recherche-création transversale à l’ensemble du colloque (collages papier et génération avec l’IA) sera présentée et commentée avant une conclusion générale (volet 6). Séance 6 (de 6) : Présentation de et commentaire sur l’activité de recherche-création et conclusion générale du colloque
Responsables : Naïma Hamrouni (UQTR) et Chantal Maillé (Université Concordia) Résumé : En réunissant des contributrices au livre Le sujet du féminisme est-il blanc? Luttes et savoirs actuels. Tome II, parut à l’automne 2025, ainsi que des invitées locales et internationales, ce colloque a pour objectif de rendre compte de l’actualité de travaux au croisement des études féministes, des théories décoloniales et des théories critiques sur la race. Séance 4 (de 4): Actualité des perspectives décoloniales
Responsables : Line Chamberland (INRS,UQAM), Juliette Munoz (UQAM), Ambre Marionneau (INRS) Résumé : Dans un contexte où la reconnaissance des Études lesbiennes demeure limitée dans les institutions francophones, le Réseau d’Études et d’Expression Lesbienne (RÉEL) rassemble des chercheur.euses francophones de plusieurs continents dans un objectif de visibilisation et de légitimation de leur travail. Ainsi, dans l’esprit de la 9ème édition du CIRFF, il propose un colloque interdisciplinaire et transgénérationnel dédié aux savoirs et aux recherches lesbiennes, au croisement des trois axes du congrès, avec un rattachement privilégié à l’axe « Savoirs ». Les contributions confirmées à ce jour sont regroupées en 7 panels : Jour 1 : la circulation des savoirs lesbiens, les spatialités lesbiennes, les enjeux éthiques et méthodologiques de la recherche et l’actualité éditoriale lesbienne francophone; Jour 2 : les archives lesbiennes, leurs usages et les enjeux de conservation et de circulation des mémoires. S’y ajoute l’exposition des Archives lesbiennes du Québec intitulée « Pour que nos mémoires vivent ! ». Sur une durée de 4 demi-journées, il réunira plus d’une vingtaine de participantes (17 en présentiel, 6 en ligne ou en présentiel à confirmer), d’origines culturelles diverses, issues de milieux académiques, militants, communautaires ou culturels. L’objectif de ces journées est d’interroger la construction des savoirs relatifs aux vies lesbiennes, leurs cultures, leurs formes de résistance et leurs mémoires, des savoirs souvent marginalisés dans les milieux académiques francophones. Elles s’adressent à tous les publics portant un intérêt aux études et savoirs lesbiens et visent à faire connaître le réseau émergent du RÉEL, un réseau en pleine construction. Séance 4 (de 7) : Actualité éditoriale lesbienne francophone. Animation : Jules Falquet (Université des Créations Paris 8 St Denis)
Personnes responsables : Maude Dionne (Université Laval), Catherine Rossi (Université Laval) et Geneviève Lessard (Université Laval) Résumé du colloque : Nous vous proposons un colloque d’une journée sur la grande thématique de la violence en conjuguant l’héritage des luttes féministes et les enjeux actuels. Par une programmation riche et interdisciplinaire, ce colloque mettra en valeur les recherches de nos membres, tant de la relève étudiante, que du corps professoral. Ces recherches favorisent le changement social, afin de promouvoir des pratiques favorisant la justice sociale et des rapports plus égalitaires ainsi que l’amélioration des politiques publiques. Les propositions de communication scientifique, réparties dans quatre blocs thématiques, marient les axes thématiques 2 ((Ré)imaginer les luttes féministes) et 3 (Savoirs féministes). BLOC 4 (de 4) : La prévention et les transformations sociales
Responsables : Valérie Irtanucci-Douillard (UQAM), Anne Létourneau (UdeM) et Laura Kassar (UdeM), membres du chantier « Religions, Féminismes et Genres » du RéQEF Résumé : Le colloque vise à explorer la dynamique bidirectionnelle dans la production et la circulation des savoirs entre études de genre et études du religieux. Nous souhaitons réfléchir à la manière dont les sciences des religions, la théologie féministe et les études du spirituel - souvent reléguées à la marge du champ féministe - peuvent contribuer à renouveler, complexifier et pluraliser les modèles conceptuels mobilisés dans les théories féministes contemporaines. Cette réflexion suppose d’interroger les conditions de possibilité d’un véritable dialogue interdisciplinaire entre ces domaines, dialogue qui engage à repenser les frontières épistémiques héritées entre raison et foi, entre critique et engagement, entre matérialité et transcendance. Au-delà d’un simple exercice de traduction entre champs, il s’agit de se demander comment les savoirs issus de la pratique croyante, de la théologie critique et des expériences spirituelles situées peuvent déplacer des notions-clés telles que l’autonomie, l'agentivité, la corporéité, la croyance ou la subjectivité, en en révélant les fondements pluriels. Dans cette perspective, le colloque se propose d’identifier et de mettre en discussion les tensions productives ainsi que les reconfigurations conceptuelles que ce dialogue rend possibles. À travers la confrontation de perspectives issues de la théologie féministe, des sciences des religions et des études de genre, le colloque cherchera à articuler les apports de la pensée féministe du religieux aux théories intersectionnelles, afin de montrer comment une prise en compte renouvelée du « fait religieux » peut ouvrir de nouvelles voies pour penser l’agentivité, la subjectivation et la résistance à partir d’ancrages à la fois spirituels, culturels et politiques. Séance 4 (de 8) : Contextes catholiques pluriels et théologies féministes
Responsables : Laurie Gagnon-Bouchard (UOttawa), Katherine Robitaille (ULaval), Leila Celis (UQAM) et Marie-Josée Massicotte (UOttawa) Résumé : Les femmes sont en première ligne des résistances face aux projets extractivistes, capitalistes et coloniaux. Qu’il s’agisse des Mères au front, des femmes atikamekw, kanien’kehá:ka et wet’suwet’en qui font blocage aux projets destructeurs du vivant, ou encore des agricultrices garantes de la subsistance, ces luttes prennent racine dans des territoires habités, vécus et pensés comme des espaces relationnels indissociables des êtres qui les composent. Ces espaces concrets sont à la fois ceux où s’exercent la dépossession et la destruction, et ceux pour lesquels s’organisent les résistances, la régénération et le care. Face à des systèmes d’oppression sexistes, coloniaux, capitalistes et extractivistes, les luttes féministes ancrées dans le(s) territoire(s) ouvrent des voies d’émancipation fondées sur le care, la subsistance, la collectivité et la réciprocité. Les pratiques d’opposition et de réparation réhabilitent d’autres manières de se relier aux territoires et au monde, et ce, malgré les contraintes imposées par ces mêmes systèmes d’oppression. En croisant les perspectives de la subsistance, des écoféminismes, des femmes et féminismes autochtones, des féminismes décoloniaux et critiques du développement, ce colloque permettra d’interroger les manières dont les blocages, les communs et l’autodétermination deviennent des praxis de soin capables d’interrompre les dynamiques oppressives et destructrices pour permettre le foisonnement du vivant. Les organisatrices invitent à explorer les enjeux, tensions et limites qui traversent les luttes territoriales ainsi que les résistances et solidarités dans la construction des communs. Elles invitent à penser collectivement aux gestes, alliances et récits qui défendent la possibilité même de la suite du monde. Séance 4 (de 7) : Luttes décoloniales autochtones et alliances allochtones pour le(s) territoire(s) Animation : Laurie Gagnon-Bouchard (uOttawa) Résumé de la séance : Ce panel proposera d’examiner les dynamiques des luttes autochtones et allochtones décoloniales engagées dans la défense des territoires, dans un contexte où les continuités coloniales se réactualisent à travers de multiples formes de dépossession. Les luttes contre la spoliation territoriale au profit de logiques coloniales et extractives, la défense d’une souveraineté alimentaire menacée par des projets miniers ou pétroliers, ainsi que la sécurité des défenseur·euse souvent criminalisé·es, violenté·es ou assassiné·es, sont des axes se trouvant notamment au coeur de ces résistances (Dias Blanco et coll., 2023). Dans ces luttes collectives contre l’extractivisme et le colonialisme, les femmes jouent un rôle central, qu’il s’agisse des pratiques quotidiennes de subsistance et de care ou de leurs actions de blocage et des multiples formes de résistance (Cirefice et Sullivan, 2019; FAQ, 2018; Sempértegui, 2021). À l’instar de Suzy Basile (2022) et Katsi'tsakwas Ellen Gabriel (2025), qui rappellent comment les femmes ont toujours été au cœur des structures de gouvernance, de transmission des savoirs et de protection du territoire, ce panel tente de mettre en lumière ces luttes et ces rôles souvent invisibilisés par le colonialisme. Les critiques formulées par Basile (2022) et Gabriel (2025) à l’encontre de l’effacement des modes de gouvernance et de la marginalisation des femmes révèlent non seulement l’ampleur des violences coloniales et extractives, mais aussi la force des résistances et, pour reprendre Leanne Betasamosake Simpson (2011), la vigueur des résurgences relationnelles. Ces luttes dévoilent des manières d’habiter, de percevoir et de défendre les territoires, en résistance aux logiques coloniales et extractives, en s’appuyant sur des ontologies relationnelles fondées sur l’interdépendance, la responsabilité, la réciprocité et la relationnalité (Simpson, 2011). Elles représentent également des processus de guérison, de réparation et de réaffirmation (Taïwo, 2022). Ce panel s’intéresse aux stratégies de lutte, de défense et de blocage, ainsi qu’aux récits, praxis et dynamiques antiextractives et décoloniales qui soutiennent et émergent des luttes autochtones et des alliances allochtones pour le(s) territoire(s), en prenant appui sur les pratiques de blocage comme formes d’affirmation territoriale et politique, notamment à partir du cas du chemin Parent contre le PL97.
Présidence de séance : Guylaine Demers (Université Laval)
Personnes responsables : Margaux Nève (École des hautes études en sciences sociales - EHESS) et Stéphanie Pache (Université du Québec à Montréal) Résumé du colloque : La manière dont la santé s’organise, dont elle est inégalement distribuée, ainsi que dont elle façonne et est façonnée par le genre invite à interroger les rapports de pouvoir qui la traversent ainsi que les luttes féministes dont elle est l’objet. Ce colloque propose d’analyser le pouvoir en santé à partir d’un dialogue structuré autour de trois enjeux centraux de la recherche féministe francophone actuelle. Un premier axe porte sur les politiques de santé et les luttes féministes qu’elles engendrent, y compris la question de l’ « autosanté », un deuxième analyse les effets du genre sur les pratiques et expériences de santé, et un troisième se concentre sur les rapports de genre dans la formation et la carrière médicales. Ce colloque est l’occasion d’aborder des objets de santé émergents et peu étudiés, comme l’endométriose ou les menstruations, et de revisiter des thématiques classiques des recherches et des luttes féministes, comme l’auto-soin et l’accouchement. Il s’attachera à mettre en lumière la pluralité des ancrages des luttes et la manière dont les rapports de pouvoir en santé varient selon les populations, les périodes historiques et les contextes géographiques dans lesquels ils s’inscrivent. Les terrains de recherche sont situés au Québec, en France, en Inde et en Suisse. Mobilisés de manière comparative, ils permettent collectivement de montrer à la fois les différences et les convergences des luttes. Ce colloque veut offrir un espace d’échanges pour la recherche francophone en vue de construire un dialogue informé sur les luttes et enjeux féministes en santé. SÉANCE 4 (de 4) : Mises à l’épreuve féministes des savoirs biomédicaux
Responsable : Fatoumata Bernadette Sonko (CESTI-UCAD) Résumé : La marginalisation des femmes dans les structures de production et de validation des savoirs se perpétue depuis la «déterritorialisation» occasionnée par l’arrivée des religions du Livre et de la colonisation. Dans les sociétés négro-africaines aux logiques matriarcales (Cheikh Anta Diop,1959), les femmes étaient au centre des instances du pouvoir politique, social, religieux, tant dans l’espace familial que communautaire. Sa déstructuration par le système colonial s’est faite avec la reproduction des logiques de domination prévalant dans les métropoles. L’idéologie patriarcale a servi de pivot à la politique coloniale, mais aussi aux structures religieuses, pour s’arroger les instances de légitimation du savoir et perpétuer un discours dominant. Cette logique se reproduit au-delà de l’espace colonial avec la validation du « contrat social sénégalais » (Donal Cruise O’Brien, 2002). Depuis, se poursuit ce processus reléguant les femmes dans la catégorie des « cadets sociaux » avec la construction d’une sémantique (académique, politique, économique…) et d’une posture subalterne (Spivak, 2009) les confinant dans le silence et l’invisibilité. Notre travail se concentre sur le champ médiatique, un des miroirs de la société, pour montrer comment les sénégalaises sont écartées des institutions du pouvoir et du savoir. Aussi, pensons-nous qu’une combinaison de facteurs complexes, renforcés par la socialisation différenciée, l’exclusion de l’histoire, des instances de validation du savoir, est subtilement tissée pour perpétuer leur représentation minorée dans l’imaginaire collectif. Notre recherche s’appuie sur un croisement des Études postcoloniales et décoloniales pour illustrer comment se construit le narratif de ces mécanismes de domination. Séance 4 (de 4)
Responsables : Célia Romulus (Université d’Ottawa), Danièle Magloire (Kay Fanm /Maison des femmes) et Sabine Lamour (Université d’État d’Haiti/ Université Ottawa) Résumé : Dans la continuité des réflexions initiées entre chercheuses et militantes féministes de la Caraïbe francophone lors de la première Conférence internationale interdisciplinaire de recherche sur le genre (CIRGG) tenue à Port-au-Prince (Haïti) en 2016, puis au CIRFF de 2018 à Paris-Nanterre, ce colloque propose d’explorer les expériences, luttes et stratégies déployées par les femmes, les minorités de genre et les collectifs féministes de la Caraïbe francophone. L’objectif est de rassembler des travaux portant sur les féminités et masculinités, les mobilisations féministes, les stratégies de résistance et les pratiques de souveraineté déployées dans les espaces sociaux, politiques et symboliques caribéens. Ancré dans une démarche critique, militante et décoloniale, ce colloque vise à contribuer à la production de savoirs situés capables de déjouer les narrations dominantes qui invisibilisent ou dépossèdent les sujets caribéens de leur agentivité. Les communications attendues pourront porter, sans s’y limiter, sur les axes suivants. Séance 4 (de 6) : Travail et migration Animation : George Arnault, Culture Égalité.
Présidence de séance : Ornella Tchanque
Responsable : Mylène Bédard (professeure titulaire au Département de littérature, théâtre et cinéma de l’Université Laval) et Juliette Bernatchez (autrice et doctorante en études et pratiques littéraires, Université Laval). Cette causerie-lecture autour de La théorie, un autre jour (remue-ménage, 2025) permettra d’échanger sur les conditions et les possibles de la pensée et de l’écriture féministes aujourd’hui. Elle sera l’occasion de réfléchir aux prolongements et aux héritages près de quarante après La théorie, un dimanche (remue-ménage, 1988), œuvre phare de la littérature féministe au Québec, mais aussi aux formes de coproduction et de diffusion des savoirs féministes. Selon quelles modalités matérielles et éthiques la corésistance par la littérature est-elle possible et les savoirs féministes sont-ils créés ? La discussion réunira des auteurices de La théorie, un autre jour et sera ponctuée par la lecture d’extraits. Animatrices Mylène Bédard Mylène Bédard est professeure titulaire au Département de littérature, théâtre et cinéma de l’Université Laval. Elle est membre régulière du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture au Québec (CRILCQ), du Réseau québécois en études féministes (RéQEF) et de l’équipe « La vie littéraire au Québec ». Spécialiste de l’histoire littéraire des femmes au Québec, elle mène avec Chantal Savoie et Isabelle Boisclair le projet « Des épistolières aux vilaines filles : construction d'un outil de référence sur les femmes qui écrivent au Québec » (CRSH 2024-2029). Juliette Bernatchez Juliette Bernatchez est autrice et doctorante en études et pratiques littéraires (U. Laval). Sa thèse en recherche-création, financée par le Fonds de recherche du Québec (FRQSC), porte sur les poètes québécoises contemporaines et sur les pratiques d’amitiés et d’affiliations intergénérationnelles dans les réseaux de poésie (2012-2026). Elle développe des pratiques de création collaboratives qui seront diffusées au Québec, au Nouveau-Brunswick et en Europe dans les prochaines années. Son premier livre de poèmes, Patience (Prix Jean-Noël-Pontbriand 2026), a été publié au Lézard amoureux. Auteurices Juli Delporte Juli Delporte est l'auteurice de plusieurs romans graphiques, dont Journal, Moi aussi je voulais l'emporter et Corps Vivante. Elle a également publié des albums jeunesse et un livre de poésie illustré avec des gravures, Décroissance Sexuelle. Sa pratique consiste à construire des récits intimes grâce à la rencontre des mots et du dessin. Elle utilise le privé dans sa dimension politique en abordant des thématiques féministes, queer et écologistes. Karine Rosso Karine Rosso est cofondatrice de la librairie féministe l’Euguélionne et professeure au Département d’études littéraires de l’UQAM. Elle s'intéresse à la figure de l'auteurice dans l'autofiction et aux différentes représentations des femmes dans la littérature contemporaine. Elle a publié deux romans, intitulés Mon ennemie Nelly (2019, éditions Hamac) et Entre l’île et la tortue (2024, Éditions Triptyque), ainsi qu'une correspondance d'essais avec Nicholas Dawson, ayant pour titre Nous sommes un continent, correspondance mestiza (2021, éditions Triptyque). Camille Toffoli Camille Toffoli est autrice de trois essais, en plus d'avoir participé à différents collectifs et numéros de revues. Son plus récent ouvrage, Chez elles. Histoires de résistance au temps de la crise du logement est paru aux éditions du Remue-ménage au printemps 2026. Elle travaille comme organisatrice communautaire en droit du logement. Interprètes Maude Boutin St-Pierre Formée au Conservatoire d’art dramatique de Québec, Maude navigue à la croisée de plusieurs disciplines depuis sa graduation en 2018 : théâtre, mouvements, arts littéraires et arts sonores. En tant qu’interprète, elle a participé à plus d’une quinzaine de productions artistiques sur les scènes de Québec et Montréal. Comme créatrice, elle s’intéresse à la manière dont on réfléchit et on construit nos liens intimes : amitiés, familles alternatives, collectivités féministes, relations aux écosystèmes, sont les sujets qui parsèment ses projets. Ines Sirine Azaïez Ines Sirine Azaïez se présente comme étant artiste pluridisciplinaire queer. Interprète depuis sa sortie du Conservatoire d'art dramatique de Québec en Jeu, en 2021, Ines enchaîne les expériences théâtrales se baladant entre Montréal et Québec. Sa participation à la pièce Les Muses Orphelines (2022) dans une mise en scène d’Amélie Bergeron à la Bordée, est récompensée par le prix Nicky-Roy. Par ailleurs, depuis 2023, Ines cumule les formations dans le domaine de l’éclairage, un médium à travers lequel la mise en scène émerge. Ines réalise alors sa première création dramatico-visuelle, Daïna, dans le contexte de la programmation des Chantiers artistiques au Carrefour international de théâtre international de théâtre. D’autres conceptions d’éclairages suivent de près, prenant place au théâtre Premier Acte, à Québec dans l’année qui suit. Mise en lecture Fondé en 2019 à Québec par Auréliane Macé et Marie Tan, le Théâtre de l’Impie est une compagnie féministe et anticapitaliste d’arts vivants. Ses créations questionnent les structures de pouvoir et dénoncent les inégalités systémiques à travers une esthétique scénique brute qui cherche à exhiber la couche de crasse sous les paillettes. La compagnie développe une démarche axée sur la mise en valeur des voix et des vécus des fxmmes. Les créations du Théâtre de l'Impie sont conçues comme des expériences sensibles, mais aussi comme des actes sociaux : des espaces de rencontre, de dialogue et de mobilisation, des occasions de faire communauté.