Conférences plénières

Carole Labarre
Carole Labarre est originaire de la communauté innue de Pessamit sur la Côte-Nord du Québec. Inspirée par l'histoire de son peuple, elle cherche par son écriture et sa poésie à sublimer sa culture et le mode de vie traditionnel innu. Finaliste au Prix littéraire du Gouverneur général 2023, catégorie Roman, finaliste au prix du Rendez-vous du premier roman 2023-2024, son roman L'or des mélèzes a également remporté le prix canadien Voix autochtone 2023, le Prix littéraire Myriam Caron 2023, en plus de se démarquer sur la scène internationale en tant que finaliste au Prix Senghor du 1er roman francophone et francophile 2023. Carole Labarre s'est également vu décerner le Prix d'excellence Arts et culture innus 2023 pour ce premier roman.


Pierre Bayard
Pierre Bayard est psychanalyste, professeur de littérature française, francophone et comparée à l’Université Paris VIII (Vincennes-Saint-Denis), et l’auteur d’une œuvre foisonnante et inventive publiée aux Éditions de Minuit. Son essai le plus connu du grand public, Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? (2007), propose une approche libérée et décomplexée de la lecture, fondée sur l’humour et la créativité. Cet ouvrage, emblématique de son style, met déjà en question la manière dont nous enseignons la littérature : faut-il se limiter à l’exégèse minutieuse d’un texte, ou inviter plutôt nos étudiant·e·s à en imaginer les prolongements, à jouer avec ses possibles ?
Inventeur de la « critique interventionniste », ou de la « fiction théorique », Bayard invite à intervenir dans les textes, à modifier intrigues, auteurs, chronologies et identités. Dans Le plagiat par anticipation, il suggère que des écrivains du passé plagient leurs successeurs ; dans Œdipe n’est pas coupable ou Enquête sur Hamlet, il réécrit les dénouements que nous croyions définitifs ; dans Et si les œuvres changeaient d’auteur ?, il imagine Shakespeare ou Sophocle signés par d’autres plumes. Ces démarches bouleversent la relation au canon et ouvrent des pistes pédagogiques inédites : apprendre à lire et enseigner en s’autorisant à déjouer les évidences, à réinventer des classiques que nous pensions immuables.
Son travail interroge aussi la fécondité du faux, du virtuel et du non-advenu (Comment parler des faits qui ne se sont pas produits), jusqu’à concevoir la littérature comme un champ de mondes possibles, libérés des contraintes sociales, historiques et identitaires. À l’heure où l’intelligence artificielle questionne la notion même d’auteur, ses propositions prennent une résonance particulière : comment penser la création et la lecture à l’ère des textes générés, des fictions collaboratives et des récits éclatés ?

Gérard Bouchard
Gérard Bouchard est historien, sociologue et professeur à l’Université du Québec à Chicoutimi, où il enseigne depuis 1971. Il a été professeur associé à plusieurs institutions, dont l’UQAM, l’Université Laval et l’École des hautes études en sciences sociales à Paris.
Chercheur prolifique, il fonde en 1972 l’Institut interuniversitaire de recherches sur les populations et lance le Projet BALSAC, un vaste fichier informatisé de population qu’il dirige jusqu’en 2010. Il cofonde également CORAMH ainsi que divers groupes de recherche en histoire, génétique, affaires publiques et études québécoises. Membre actif de nombreux comités scientifiques, tant au Canada qu’à l’étranger, il siège à plusieurs revues et organismes de recherche. Auteur de plus de 280 articles et organisateur d’une quarantaine de colloques, il est invité dans le monde entier pour présenter ses travaux, totalisant plus de 600 conférences.
L’importance de son œuvre lui vaut de nombreux prix, dont le prix Jacques-Rousseau de l’ACFAS, le prix Louis-Gérin en sciences sociales, le prix Gérard-Parizeau, ainsi que deux doctorats honoris causa (McGill et Guelph). Il est membre de la Société royale du Canada et de l’Académie des lettres du Québec. Titulaire depuis 2002 d’une chaire de recherche du Canada sur les mythes sociaux et les imaginaires collectifs, il a également coprésidé, aux côtés de Charles Taylor, la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables (2007-2008).
Son plus récent ouvrage, Terre des humbles. Les Saguenayens, 1840-1940, propose une relecture sensible et critique du passé régional, rendant hommage aux vies ordinaires, aux femmes, aux Autochtones et aux « oubliés » de l’histoire officielle.